La CGEM et les syndicats planchent sur le télétravail

Le cadre juridique peine à voir le jour

Une nouvelle législation sur le télétravail doit tenir compte de la nécessité de permettre aux travailleurs de trouver un équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie personnelle.

Avec la crise sanitaire, beaucoup d’entreprises ont encouragé le télétravail. Lequel a abouti à une transformation radicale de la nature même du travail au sein de l’entreprise. Transformation qui n’est pas régulée juridiquement, car un cadre juridique du télétravail n’existe pas encore.

Face à l’inertie du gouvernement, la Confédération générale de l’entreprise marocaine (CGEM) a fini par réagir en annonçant avoir finalisé une proposition de loi qu’elle proposera au débat avec les centrales syndicales les plus représentatives. C’est ce qu’a révélé le président de la commission sociale de la Confédération qui intervenait lors de la quatrième Matinale organisée par Groupe le Matin sur le thème «L’employabilité à l’ère du digital: nouveaux métiers, nouvelles compétences».

Pour la CGEM, plancher sur le code de travail pour s’adapter à cette nouvelle réalité s’avère être une nécessité impérieuse. Pour sa part, Jamal Belahrach, CEO Deo Conseil, président de la fondation Jobs For Africa et de la Fondation Zakoura Education, n’a pas manqué d’appeler à réinventer le dialogue entre les partenaires sociaux pour appréhender les nouvelles formes de travail, et notamment le télétravail.

De son côté, Amal El Amri, SG adjointe de l’Union marocaine du travail (UMT) et SG de l’Union syndicale Interbancaire USIB, a indiqué que «les nouvelles formes de travail doivent être accompagnées systématiquement par un système de protection pour garantir le travail décent pour tous. Il faut donc réinventer le système de régulation et celui de la protection». Elle appelle en effet à réfléchir à de nouvelles formes de négociation des contrats pour ces nouvelles formes de travail. «C’est notre responsabilité à tous», insiste-t-elle.

Système de protection
«Le télétravail a besoin d’être régulé, il faut mettre un cadre pour le respect de l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle», martèle la SG adjointe de l’UMT. Cependant, elle préfère parler de charte que de législation, car selon elle, le télétravail ne concerne que quelques entreprises, donc «les secteurs et structures qui se prêtent le plus à ce nouveau mode de travail doivent mettre en place des chartes sociales ou des conventions collectives pour y mettre de l’ordre.»

Un constat partagé avec Hicham Zouanat, président de la commission sociale de la CGEM, qui déplore une absence de cadre juridique du télétravail à ce jour. «Nous avons élaboré une proposition de loi de 25 articles que nous avons partagée avec les deux syndicats les plus représentatifs au niveau du secteur privé et on s’est donné rendez-vous juste après les élections pour en discuter», indique M. Zouanat.

Une fois discutée avec les syndicats, la copie sera remise au ministre de l’Emploi pour enclencher le dialogue. Le président de la commission sociale de la CGEM regrette par ailleurs que l’initiative ne soit pas venue plutôt de la tutelle pour qui le dossier ne semble pas prioritaire, remarque-t-il.