La CGEM mise devant ses résponsabilités

CLUSTERS INDUSTRIELS

Abdelouafi Laftit a rappelé au patronat, avec lequel il s’est entrevu le 14 juillet 2020 en fin de soirée, sa responsabilité quant à la santé des travailleurs.

Nouveau rappel à l’ordre de Abdelouafi Laftit eu égard au respect des dispositions de l’état d’urgence sanitaire, mais cette fois à l’adresse du patronat. En effet, la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) s’est fait remonter les bretelles, ce 14 juillet, lors d’une réunion tenue à l’initiative du ministre de l’Intérieur au siège de son département dans la capitale et à laquelle ont également pris part le ministre de la Santé, Khalid Aït Taleb, celui de l’Industrie, du Commerce et de l’Économie verte et numérique, Moulay Hafid Elalamy, et celle du Tourisme, de l’Artisanat, du Transport aérien et de l’Économie sociale, Nadia Fettah Alaoui.

En cause bien sûr, “le non respect des mesures de précaution” par les patrons de plusieurs entreprises et unités de production, comme le “déplore” un communiqué publié dans la soirée de ce 14 juillet, dès après la réunion. Ce qui, poursuit la même source, fait que ces entreprises et unités de productions, au titre desquelles on pourrait citer Frigodar et Nat Berry Maroc, dans la région de Lalla Mimouna, dans la province de Kénitra, ou encore Etamar, dans la province de Safi, ont servi de foyers de propagation de 47% des cas de Covid-19 recensés à ce jour au Maroc.

“Les autorités publiques ne manqueront pas de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité sanitaire de l’ensemble des citoyens, y compris la fermeture d’unités qui ne veillent pas au respect des mesures de précaution décidées et des règles de protocole sanitaire en vigueur, tout en poursuivant en justice, le cas échéant, les responsables de ces unités,” a prévenu M. Laftit. Et de rappeler qu’au total, ses services avaient fait fermer, depuis le déconfinement entré en vigueur le 24 juin, 514 unités industrielles, dont la liste sera, a-t-il indiqué, plus tard dévoilée. Parmi ces 514 unités, qui, selon M. Laftit, se répartissent entre 34 préfectures et provinces, 98 n’ont toujours pas rouvert leurs portes.

Gare donc aux récalcitrants. Concrètement, il est demandé à la CGEM d’“assumer plus que jamais [ses] responsabilités”, en faisant en sorte que les mesures mises en oeuvre pour contenir la pandémie, à savoir la distanciation physique et les règles d’hygiène, le port obligatoire du masque et le téléchargement de l’application Wiqaytna soient davantage respectées par les employeurs.

Ces derniers assument, a insisté M. Laftit, la responsabilité quant à la santé de leurs employés. Ce à quoi la CGEM a opiné. Ainsi, l’organisation a fait part de son “adhésion totale et [de sa] coopération constructive avec les autorités”. Mais il faut dire aussi que c’est ellemême qui avait demandé, au cours des derniers mois, à être davantage mise dans le coup, ce qui avait amené le roi Mohammed VI a lui confier la charge de la “très large” de campagne de dépistage lancée le 3 juin auprès des salariés du secteur privé.

La voilà donc, pour le moins, servie. La veille de l’entrevue avec la CGEM, le ministère de l’Intérieur s’était également fendu d’un communiqué soulignant que les autorités “ne toléreront aucune légèreté dans le respect des mesures préventives adoptées”. Le Chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, dans une déclaration rapportée le même jour par l’agence Maghreb arabe presse (MAP), n’avait, lui, pas écarté un reconfinement du Maroc, ce qui en dit assez sur le sérieux des avertissements de M. Laftit.


1 commentaire

  • ben mhammed

    16 Juillet 2020

    il n est jamais trop tard pour bien faire .Il parait évident que les décideurs de ce pays croient dur comme fer en cet adage .Sauf qu en domaine de prévention /estimation de risque sanitaire ,a force de tergiverser ,on fonce droit dans le mur .En l état actuel des choses l on ne peut que constater l échec cuisant de ces stratèges et pour ajouter du sel sur la plaie ,on arrive même pas a cacher l amateurisme déconcertant avec lequel on gère les affaires de l Etat ou plutôt du peuple .La débâcle du confinement/ dé confinement de Tanger ces deux derniers jours en est le parfait exemple.A ce qu il parait on s est même offert le luxe d oublier les autorisations délivrées aux bateaux en provenance de Sète et Gênes .On a accumule tellement d absurdités qu un Samuel Beckett aurait été jaloux .Plus inquiétant encore : l insouciance absolue avec laquelle les chiffres sont délivrés. ils annonce presque triomphalement que 47% des cas comptabilise a ce jour se sont déclares en entreprise(comprendre usines) .Personne n a peur d annoncer que tout l effort consenti par la population durant ces trois derniers mois a été sape en l espace de 3 semaines. Déconcertant.A force de vouloir accommoder les amis affairistes ,on s est pas gêné a donner les gens en pâture.Le reste du communique n est rien d autre qu un mélange de gesticulations théâtrales et de langue de bois pour prouver que l état de droit n est pas une chimère.

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