Dans la droite ligne du Nouveau modèle de développement, la CGEM dévoile les 10 chantiers prioritaires des prochaines années dans son Livre blanc

Les 10 commandements


Parmi les chantiers prioritaires figure celui concernant  le changement des codes de la commande publique de manière à stimuler la demande et à promouvoir le Made in Morocco

«Vers une croissance économique soutenue, responsable et durable», tel est l’intitulé du Livre blanc, présenté le 15 octobre 2021, au siège de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM).Un document de pas moins de 168 pages contenant les  recommandations et mesures proposées pour les prochaines années y sont présentées comme articles. «Ces articles ont été construits de façon argumentée par les différentes composantes de la CGEM que je tiens à remercier pour leur mobilisation sans faille», a déclaré Chakib Alj, président de la CGEM.

Ainsi, le document s’articule autour de 10 chantiers prioritaires. À commencer par la mise en place des mécanismes d’accompagnement intégrés dédiés aux TPME. Sur ce volet, la CGEM recommande de doter le Maroc d’un Small Business Act (SBA), cheval de bataille d’une refonte du cadre juridique et institutionnel de la TPME. Une vieille revendication. Elle préconise, en outre, de faire évoluer la CCG (actuellement SNGFE) vers une banque publique d’investissement orientée TPME, s’appuyant sur les mécanismes existants (Finéa, Maroc PME...).

Le deuxième chantier prioritaire de la CGEM concerne  l’instauration d’une solution de distribution de quasi-fonds propres pour réduire la sous-capitalisation des entreprises constitue le. Elle suggère d’allier les capacités de l’État, des investisseurs institutionnels et des investisseurs privés pour injecter des quasi-fonds propres via le Fonds Mohammed VI pour l’investissement afin de rééquilibrer les bilans des PME affectées par la crise. Des fonds sectoriels dotés de 2 à 3 milliards de dirhams pourraient être déployés pour investir des obligations convertibles avec bons de souscription d’actions (OC-BSA) auprès des PME opérant dans des secteurs stratégiques.

Le troisième chantier, et non des moindres,  concerne le changement des codes de la commande publique de manière à stimuler la demande et à promouvoir le Made in Morocco. Pour la CGEM, il s’agirait de changer les codes de la commande publique, pour les administrations ou les établissements publics afin de donner une chance aux entreprises jeunes et petites, en supprimant, par exemple, les critères discriminants omniprésents dans les appels d’offres publics et renforcer la préférence à l’intégration locale dans la commande publique. Le quatrième chantier prioritaire du Livre blanc concerne la formation professionnelle.

Il s’agit de l’adoption d’une nouvelle approche pour le développement des compétences professionnelles représente. À court terme, deux mesures sont proposées : Amender la Loi 60-17 qui ne fait que renforcer les dysfonctionnements chroniques dont souffre le dispositif de la formation continue et créer de nouveaux types de centres de compétences.

Quant au cinquième chantier, il se focalise sur le secteur  stratégique de l’énergie. La CGEM ne propose ni plus ni moins que  l’accélération de la libéralisation maîtrisée  plus particulièrement du secteur électrique pour réduire les coûts et permettre la décarbonation de l’industrie. Le Livre blanc met l’accent sur la réforme du secteur et de ses acteurs et fait le plaidoyer d’une libéralisation progressive du secteur, en intégrant la moyenne tension dans le périmètre libéralisé, avec un régulateur fort. Il est également recommandé de libérer le plein potentiel de la production décentralisée, notamment en ce qui concerne l’injection de l’excédent d’énergie avec contrepartie et la possibilité d’investissement par des tiers avec faculté de vente d’électricité à l’autoconsommateur.

La consolidation du secteur de la logistique pour plus de compétitivité et l’encouragement de la productivité des ressources foncières industrielles ressort comme le sixième chantier prioritaire. La CGEM recommande d’implémenter rapidement une mesure encourageant l’agrégation des acteurs logistiques, soit en proposant des incitations à l’investissement, soit en orientant les marchés publics vers des achats auprès d’agrégateurs logistiques structurés. Elle est également pour le développement des zones d’activité de qualité et à prix compétitifs
Vient ensuite le septième chantier prioritaire de la CGEM qui se focalise sur le changement de paradigme en matière de fiscalité.  Chantier où la CGEM appelle  plus que jamais   à une réforme fiscale capitalisant sur les travaux des Assises de la fiscalité tenues en 2019. Fidèle à sa philosophie libérale, la CGEM  appelle à la mise à jour du Code du travail  en prônant, dans son huitième article prioritaire,  l’introduction de la flexibilité du travail et recommande de réglementer les nouveaux modes de travail comme le travail à distance et le travail à temps partiel.

Quant au neuvième et avant-dernier chantier prioritaire, il concerne cet autre domaine stratégique qui n’est autre que l’innovation. Aussi concernant la promotion de l’innovation , de la R&D et de la transformation digitale , le Livre blanc propose deux mesures prioritaires : labelliser des centres de recherche de qualité et subventionner tout projet de R&D industriel réalisé par ces centres. Enfin, le renforcement de l’État régulateur et planificateur et l’innovation dans la gouvernance locale constitue le dernier chantier prioritaire de la confédération patronale. 

Ainsi, pour faciliter le développement entrepreneurial et l’initiative privée en général, la CGEM recommande que  la simplification des procédures et des formalités administratives soit accélérée, notamment en remplaçant au maximum les autorisations préalables par des contrôles a posteriori sur la base de cahiers des charges transparents. Pour cela, un délai raisonnable mais ambitieux de 12 à 18 mois peut être accordé à toutes les administrations pour remplacer 80% des autorisations par des cahiers des charges.