César Lévy: "J'ai toujours été fasciné par le Maroc, sa lumière, ses couleurs et ses artistes"

Interview avec César Lévy, directeur de la 193 Gallery

Dans cet entretien, César Lévy, directeur de la 193 gallery qui abrite l’exposition «Colors of Africa», revient sur son intérêt pour l’art marocain, en envie de faire briller la jeune génération de photographes marocains ainsi que son admiration pour l’artiste Hassan Hajjaj.

Veuillez nous parler, d’abord, de votre première rencontre avec l’artiste anglo-marocain Hassan Hajjaj et de la genèse de l’exposition «Moroccan portraits» présentée en 2019 à la 193 Gallery, ou encore lors de la 4e édition de «Also Known As Africa» en novembre 2019.
Après avoir suivi son travail et son évolution durant plusieurs années, j’ai voulu le rencontrer. Je me suis rendu une première fois à son atelier à Londres, pour le voir et échanger concernant de futurs projets. Puis, quelque temps plus tard je suis retourné à son riad situé à Marrakech. Nous avons organisé en 2019 une exposition photographique consacrée au portrait au Maroc, «Moroccan Portraits», avec Armelle Dakouo en commissaire d’exposition, et il n’était pas envisageable de réaliser cette exposition sans Hassan Hajjaj. L’idée était de présenter la nouvelle génération de photographes marocains: Yoriyas, Mous Lamrabat, Deborah Benzaquen, Mehdi Georges Lalou, Zahrin Kahlo aux côtés de deux photographes qu’on adore depuis de longues années: Leila Alaoui, malheureusement disparue trop tôt, dont un tryptique de sa puissante série «Les Marocains», qui a fait le tour du monde; et Hassan Hajjaj. Pour ce qui a trait à la 5e édition de AKAA, de nouvelles oeuvres de Hassan y seront présentées du 12 au 15 novembre 2020.

Pourquoi un tel attrait pour la jeune école de photographes au Maroc?
J’ai toujours été, à titre personnel, fasciné par le Maroc: sa lumière, ses couleurs et ses artistes. Dans notre tour du monde de l’art contemporain, thématique récurrente de la 193 Gallery en 2019, après avoir présenté des artistes du Japon, du Chili, de Cuba et des Caraïbes, j’avais envie de rendre hommage à ce pays que j’adore, à ses artistes aux influences variées qui s’expriment entre la street photography de Yoriyas, les portraits intimistes de Déborah Benzaquen ou encore le pop art de Hassan Hajjaj, la finalité était de présenter plusieurs visages du Maroc contemporain.

«Colors of Africa» marque ainsi le retour de Hassan Hajjaj à Paris après sa rétrospective à la Maison européenne de la photographie en 2019...
La grande rétrospective de Hajjaj à la Maison européenne de la photographie (MEP), a été un succès retentissant en France, pour la critique, la profession et le public. Les portraits de Hassan ont été affichés pendant plusieurs mois dans les allées des métros parisiens! L’intérêt probant pour la scène marocaine continue de s’accroître en France avec de jeunes photographes tels que Mous Lamrabat ou Yoriyas, qui explorent de nouvelles lignes.

A ce titre, leurs travaux sont publiés dans les plus prestigieux magazines à travers le monde. De fait, Hassan Hajjaj a ouvert la voie. Un an après cette grande rétrospective à la MEP, notre nouvelle exposition, «Colors of Africa », dont la curation a été réalisée par Fouzia Marouf, est dès lors, un moyen d’approcher les nouvelles oeuvres de Hassan Hajjaj tout en redécouvrant son univers singulier dans le cadre plus intimiste d’une galerie. De plus, «Colors of Africa», réunit autour de l’art de Hassan Hajjaj, les regards originaux, multiples, de Thandiwe Muriu (Kénya), Derrick Boateng (Ghana), Nyaba Ouedraogo (Burkina Faso) et Ebuka Michael (Nigéria) à la croisée des Afriques francophones et anglophones.


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