Attaque du 28 octobre 2023 contre Smara

Ces terroristes venus de l'Est

Financé, abrité, armé et soutenu diplomatiquement par l’Algérie, le Polisario prouve qu’il est bel et bien une organisation terroriste. La communauté internationale doit le traiter en tant que tel.


Le chef séparatiste du Polisario Brahim Ghali avec ses lieutenants.


“Notre dernier communiqué numéro 901 explique que le Polisario est engagé, depuis le 13 novembre 2020, dans une lutte armée contre l’occupant maocain. On a effectivement ciblé les zones de Mahbès, Smara et Farsia, et ce n’est pas la première fois que nous le faisons.” C’est dans ces termes ambigus que le dénommé Sidi Omar, représentant du Front Polisario à l’ONU, a répondu, en conférence de presse tenue ce lundi 30 octobre 2023 à New York, aux interrogations incessantes des journalistes sur la responsabilité du mouvement séparatiste dans l’attaque ayant visé, dans la nuit du 28 au 29 octobre 2023, la ville de Smara dans le Sahara marocain, faisant un mort et trois blessés dont deux gravement touchés.

Confusion interne
Cette sortie du responsable polisarien résume parfaitement la situation de confusion, voire de panique qui règne dans les rangs de la direction des milices séparatistes, qui se trouve tiraillée entre l’obligation de maintenir son discours sur la supposée “situation de guerre” contre le Maroc dans la région depuis le 13 novembre 2020 et les événements de Guerguerat, et la peur de revendiquer de manière explicite la responsabilité d’une attaque ayant fait des victimes civiles, avec tout ce que cela implique comme répercussions aussi bien dans ses rapports avec les populations sahraouies qu’elle prétend représenter, que dans le processus de résolution du différend du Sahara marocai où elle semble être nettement dépassée par les percées successives de la diplomatie nationale.

Car depuis l’attaque de Smara, le Polisario a été particulièrement pointé doigt pour avoir dépassé une ligne rouge que l’on croyait infranchissable depuis des décennies, alors que de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer que les milices séparatistes soutenues par l’Algérie soient proclamées organisation terroriste, non seulement par le Maroc mais également par la communauté internationale. De son côté, l’Algérie, véritable partie prenante dans le différend du Sahara, préfère se réfugier dans un silence suspect. Pourtant, c’est bien ses chefs officiel et officieux, le président Abdelmadjid Tebboune et le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), le général Saïd Chengriha, qui, depuis leur arrivée aux commandes en décembre 2019, poussent désespérément vers l’escalade avec Rabat, en utilisant, entre autres, la carte du Polisario.

La dernière attaque terroriste de Smara -puisque c’est bien de cela qu’il s’agit- est donc tout sauf fortuite ou inattendue. C’est même la résultante logique de la ligne de conduite des milices du Polisario, et plus particulièrement de leur chef, Brahim Ghali.

Chef terroriste
“C’est un radicaliste, et je suis bien placé pour vous le confirmer car je le connais bien… Je montais en voiture à côté de lui”, explique à Maroc Hebdo Bachir Dkhil, membre fondateur du Polisario qu’il a quitté pour rallier le Maroc en 1992. L’ancien dirigeant du front fait allusion aux différents crimes commis par M. Ghali, notamment lorsqu’il occupait le poste de pseudo “ministre de la Défense” entre 1976 et 1991.

Génocide, assassinat, enlèvement, terrorisme, torture, pour ne citer que ceux-là, sont parmi les atrocités qu’on reproche à M. Ghali d’avoir perpétrées contre des civils marocains et espagnols dans le Sahara marocain pendant plusieurs décennies. Il avait d’ailleurs comparu, le 1er juin 2021, pour la première fois devant Santiago Pedraz, juge de l’Audience nationale, la plus haute juridiction pénale espagnole, suite à deux plaintes déposées en 2012 par l’Association sahraouie pour la défense des droits de l’Homme (ASADEDH), basée en Espagne, et par le militant sahraoui de nationalité espagnole, Fadel Breica. “C’est un terroriste et ça ne me surprend pas qu’il commandite des actes terroristes. C’est un mégalomane suicidaire qui n’a pas évolué depuis les années 1970 et il croit pouvoir vaincre le Maroc et ses forces armées. On est en 2023, la réalité sur le terrain a changé et on ne peut pas garder le même discours ni les mêmes méthodes”, souligne M. Dkhil.


Nouvelle donne
C’est justement cette nouvelle donne militaire et géopolitique nettement en faveur de Rabat, avec notamment la reconnaissance par les puissances mondiales de sa souveraineté sur le Sahara marocain ainsi que la supériorité militaire écrasante des Forces armées royales (FAR), qui pousse le Polisario, et par extension ses soutiens en Algérie, à agir comme un animal blessé qui tente ses dernières chances, y compris la voie du terrorisme, avant de succomber définitivement. “Ghali est très faible. Le front se trouve dans un désordre total, sans doctrine politique ou militaire claire. Par conséquent, on sait plus qui fait quoi, le contrôle se perd et les tentations terroristes prennent le dessus”, analyse pour Maroc Hebdo, Mohamed Salem Abdelfattah, président de l’Observatoire sahraoui des médias, qui avait rejoint les camps de Tindouf en 2004 avant de retourner au Maroc en 2015.

À titre d’exemple, le 9 juin 2023, l’actuel pseudo “ministre de la Défense” du Polisario, Mohamed Wali Akeik, avait évoqué dans des déclarations à l’agence de presse du front, Sahara presse service (SPS), les nouvelles “orientations générales et stratégiques adaptées aux exigences et impératifs d’une guerre totale”. On peut facilement y voir un appel à peine dissimulé à commettre des attentats contre des cibles dans tout le territoire marocain, d’autant plus que le même responsable séparatiste avait tenu, en novembre 2021, des propos qui vont dans ce sens.

M. Akeik avait déclaré alors à l’hebdomadaire britannique “The Economist” que des “entreprises et consulats, compagnies aériennes et autres secteurs” pourraient être visés, y compris dans les régions non-sahariennes du Royaume. Puis en mai 2022, il a affirmé que “la jeunesse sahraouie [était] prête à se battre par tous les moyens disponibles”, ce qui avait suscité une condamnation formelle de la part notamment de l’ASADEH, qui avait mis en cause “une incitation directe à la jeunesse du Sahara de commettre des attaques commandos contre nos villes”. Les tendances suicidaires de plus en plus manifestes du Polisario ne font que consolider sa dimension terroriste que les autorités marocaines n’ont eu de cesse de signaler depuis plusieurs années maintenant. Les milices séparatistes ont été ainsi épinglées pour leurs rapports avec les organisations jihadistes dans la région du Sahel. À cet égard, il faut rappeler qu’un certain Adnane Abou Walid al-Sahraoui, leader de la branche de Daech dans le Grand Sahara tué en août 2021 par l’armée française au cours d’une opération militaire, fut longtemps un élément du bras armé du Polisario qui est dirigé par le même M. Akeik.

Liens avec les jihadistes
Il ne s’agit pas là d’un cas isolé. En juillet 2023, la radio allemande “BR24” avait mis la lumière sur les méthodes des groupes terroristes en Afrique pour recruter dans des zones d’instabilité, notamment dans les camps du Polisario à Tindouf, au sud-ouest de l’Algérie. Le média a cité l’exemple d’Ismaïl, 38 ans, membre du Polisario qui a été condamné en mai 2023 par la Cour nationale de justice de Madrid à deux ans de prison assortie d’une période de probation de cinq ans pour “radicalisation”. L’article explique que même un réseau a été établi autour d’Ismaïl, pour promouvoir le jihad porté par Daech.

Relais de l’Iran
Par ailleurs, le Polisario et ses maîtres à Alger entretiennent des liens étroits avec l’Iran et ses bras armés dans le Moyen- Orient, notamment le Hezbollah qui est classé comme organisation terroriste notamment par les États-Unis et l’Union européenne (UE). Dans une interview accordée le 2 mars 2023 à la chaîne israélienne i24News, Habboub Cherkaoui, directeur du Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ), avait relevé que Téhéran fournissait aux milices séparatistes des missiles antiaériens et des drones par l’intermédiaire.

Dans ce sens, le comité ministériel arabe chargé de l’Iran, réuni au Caire, en marge des travaux de la 159ème session ordinaire du Conseil de la Ligue des États arabes au niveau des ministres des Affaires étrangères, sous la présidence de l’Arabie saoudite et en présence des membres, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Égypte, ainsi que le secrétaire général de la Ligue des États arabes, avait rappelé, le 8 mars 2023, sa solidarité avec le Royaume du Maroc face à l’ingérence du régime iranien et de son allié le “Hezbollah” dans les affaires intérieures du Royaume, tout en soulignant que l’armement et l’entraînement par l’Iran d’éléments séparatistes du front polisario “menacent l’intégrité territoriale, la sécurité et la stabilité du Maroc”. En dépit de ces récentes évolutions, où le Polisario sombre davantage dans le désordre et essaie de jouer le tout pour le tout, Rabat conforte plus que jamais son statut de seule puissance crédible dans la région, capable de maintenir la paix et la stabilité, tout en garantissant un véritable développement des provinces sahariennes.

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