Centrale Danone quitte la bourse de Casablanca

Le spectre du boycott de 2018 rattrape centrale danone

La cotation des titres de capital de Centrale Danone a été suspendue lundi 6 décembre 2021. Une décision prise par la maison mère en vue d’une radiation de la Bourse de Casablanca. L’entreprise n’a jamais pu se relever après la secousse du boycott de ses produits il y a trois ans.

Le boycott est devenu une arme populaire fatale. Depuis avril 2018, date du lancement d’un appel sur les réseaux sociaux au boycott des produits laitiers de Centrale Danone, largement suivi, l’entreprise ne s’en est toujours pas remise: chiffre d’affaires en baisse, titre de l’entreprise en bourse très peu liquide et en chute libre… Rien ne va plus comme avant. Aujourd’hui, la situation est encore plus inquiétante.

Près de 48 ans après son introduction, Centrale Danone, se retire donc de la place financière casablancaise. Lundi 6 décembre 2021, une offre publique de retrait (OPR) portant sur la totalité des titres de capital de Centrale Danone a été déposé auprès de l’Autorité marocaine des marchés des capitaux (AMMC) par la Compagnie Gervais Danone, qui détient 99,6% du capital de Centrale Danone.

«Le Conseil d’Administration de Centrale Danone, réuni en date du 2 décembre 2021, a décidé de procéder à la radiation de ses titres de capital de la cote de la Bourse de Casablanca», indique un communiqué de la société, qui évoque «un flottant très réduit» et «la faible liquidité du titre», parmi les raisons justifiant cette décision. «Conformément aux dispositions de la loi n°26-03 relative aux offres publiques sur le marché boursier, la société Compagnie Gervais Danone a déposé auprès de l’AMMC un projet d’offre publique de retrait visant les actions Centrale Danone», indique un avis de l’AMMC daté du 6 décembre 2021. «En conséquence de ce dépôt, l’AMMC a demandé à la Bourse de Casablanca de suspendre la cotation des actions Centrale Danone », souligne le même avis.

Faible liquidité
«Un flottant très réduit» et «la faible liquidité du titre» ne sont en vérité que les conséquences de l’événement qui date d’avril 2018 et qui a ébranlé l’entreprise. En effet, la crise de Centrale Danone n’a fait que s’accélérer depuis le boycott de ses produits depuis fin avril 2018. L’entreprise a communiqué, par différents moyens, pour se relever d’une crise sans précédent, marquée par l’effondrement de son chiffre d’affaires au Maroc notamment durant les années 2018 et 2019, à la suite d’un appel diffusé sur les réseaux sociaux à boycotter ses produits, en plus de l’eau minérale Sidi Ali et les carburants du groupe Afriquia. E

t la crise sanitaire n’a été qu’un alibi pour justifier une crise qui perdure. La communication de crise n’était pas la plus appropriée ou plutôt a été décidée sans tenir compte de la spécificité du marché et des consommateurs marocains. D’autant plus que la société n’a pas bien évalué au début les conséquences d’une telle crise et n’a pas grandement investi pour redresser son image et sa réputation sur les réseaux sociaux. Résultat: effondrement du titre de la société, ce qui témoigne de la méfiance des petits investisseurs.

Mais, au-delà de cette OPR opérée par la société mère en France, deux questions se posent maintenant avec acuité: quel sera le sort de ? La Compagnie Gervais Danone vat- elle continuer à s’implanter au Maroc ou réfléchira-t-elle à se désengager de sa filiale marocaine?.