Tenue à Casablanca de la première édition du forum Africa 21

L’Eau, l’énergie et la souveraineté alimentaire, facteurs clés du développement du continent


Dans un contexte de crise climatique et économique, l’Afrique fait face à des défis liés à la Sécurité Hydrique, la Souveraineté Énergétique et l’Indépendance Alimentaire. Le Forum Africa 21, organisé le 21 et 22 février 2023 à Casablanca, a exploré les pistes pour faire de l’Afrique un continent résilient et souverain.

Plus de 300 millions d’Africains ont des problèmes d’approvisionnement en eau dont plus de 4 millions d’habitants sont toujours privés de l’eau potable. La guerre en Ukraine a démontré que l’Afrique, quoiqu’elle regorge de ressources naturelles, dépend toujours des sources énergétiques d’autres pays. En outre, la pandémie Covid avec ses restrictions, a malheureusement prouvé que les Africains, quoique leurs pays regorgent de terres agricoles, ont toujours besoin de l’autre pour remplir leurs assiettes. C’est dans ce cadre que décideurs, politiciens et entrepreneurs de toute l’Afrique ont discuté , le 21 et 22 février 2023 à Casablanca, lors de la 1ère édition du Forum Africa 21, du thème : « Nexus Eau-Énergie-Alimentaire dans un contexte de changement climatique : La vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour une Afrique résiliente et souveraine ».

A cette occasion, le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a souligné la nécessité d’une gestion intégrée de l’eau, de l’énergie et de l’agriculture pour une meilleure efficacité des projets liés à ces trois secteurs vitaux. AU niveau de l’eau, Baraka a indiqué que l’Afrique devrait miser sur 3 aspects à savoir le volume, la qualité et la durabilité de cette denrée rare. Les solutions passeront notamment à travers le dessalement de l’eau de mer et le traitement des eaux usées. Quant à l’énergie, ressource vitale pour tous les domaines de production, le ministre a plaidé pour que l’Afrique mise sur la production de l’énergie renouvelable verte, mettant en avant la nécessité d’oeuvrer par une démarche étroite liant les secteurs de l’eau, l’énergie et l’alimentation pour garantir la souveraineté du continent africain dans ces trois domaines. «La gestion intégrée de ces trois secteurs vitaux est également nécessaire au développement économique et à l’atteinte de la sécurité hydrique, énergétique et alimentaire, et pour assurer un développement durable, particulièrement face aux changements climatiques» a assuré M.Baraka.

Alimentation et développement
Pour sa part, le Président Directeur Général de News Com Africa Holding, Omar Dahbi, a assuré que les trois axes stratégiques du forum à savoir l’énergie, l’eau et l’alimentation sont strictement liés et interdépendants, «l’accès à l’énergie permet l’accès à l’eau, l’accès à l’eau permet une meilleure production agricole, et la sécurité alimentaire renforce le développement». Il a également fait savoir que notre continent fait face à l’instar du reste du monde à plusieurs problématiques, ajoutant que l’Afrique regorge d’un énorme potentiel pour faire face à ces défis.En effet, les ressources énergétiques du continent, ses ressources naturelles et son climat lui permettant de profiter amplement des nouvelles sources d’énergie dites vertes. D’ailleurs, plus de la moitié des terres arables non cultivées en Afrique présentent plus de la moitié de la superficie similaire au niveau mondial. Ce qui représente un énorme potentiel pour l’Afrique.

Potentiel de croissance
Par ailleurs, M. Dahbi a mis en avant la vision de SM le Roi basée sur la solidarité et le partage en faveur du continent concernant ces trois axes, notant que cette vision repose sur le développement des énergies renouvelables, l’acquisition de nouvelles technologies en matière d’accès à l’eau et la rationalisation de son utilisation, ainsi que le développement de l’agriculture et de l’indépendance alimentaire. Pour appréhender les nouveaux défis auxquels fait face le continent, M. Dahbi a indiqué qu’il «faut le faire ensemble avec une vision unifiée». Pour le Maroc, l’un des principaux défis, c’est bien celui de la souveraineté alimentaire. Avec un taux d’intégration moyen qui se situe autour de 25 %, l’industrie alimentaire marocaine a bien du chemin à faire. Important plusieurs produits manufacturés, notamment les matières premières et les emballages. l’industrie alimentaire nationale est amenée à améliorer son intégration et sa compétitivité afin de répondre aux enjeux liés à la souveraineté alimentaire.

C’est ce qu’a indiqué Abdelmounim El Eulj, président de la Fédération nationale de l’agroalimentaire (Fenagri), en plaidant pour « de nouveaux projets et des partenariats maroco- africains et en s’adaptant aux nouvelles tendances et réglementations internationales», indique-t-il. El Eulj a assuré que dans un marché mondialisé, « l’amélioration de la compétitivité de l’entreprise alimentaire, à travers la recherche & développement (R&D) et l’innovation, reste un véritable levier de croissance pour conquérir de nouvelles parts sur le marché domestique et sur le marché à l’export africain, plus précisément ». Il a d’ailleurs souligné l’importance de la transformation digitale de l’entreprise alimentaire pour le développement des filiales dédiées à l’innovation et à la robotisation des processus, ce qui permettrait à ces entités de se procurer un avantage concurrentiel, et par conséquent assurer leur pérennité et l’extension dans des marchés à fort potentiel de croissance.

Le président de Fenagri a également mis la lumière sur la décarbonation en tant que paramètre que l’industrie alimentaire marocaine devrait prendre en considération. «Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Union européenne (UE) entrera en vigueur en 2026, ce qui va obliger les opérateurs africains à accélérer la cadence de décarbonation » a-t-il assuré. Le Forum AFrica 21 a également de mettre en exergue l’importance du numérique pour la durabilité des ressources naturelles et au développement du secteur hydraulique et agricole aux niveaux national et Africain.

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