LES CASABLANCAIS RESPIRENT LA JOIE DE VIVRE

DÉCONFINEMENT, JOUR 1

Les Casablancais ont en partie retrouvé, ce jeudi 25 juin 2020, leur liberté de mouvement, avec la levée de nombreuses restrictions instaurées pour lutter contre la pandémie de coronavirus. Reportage.

Ceux qui voulaient se marier, qu’ils se marient mais sans fête de mariage. Ceux qui voulaient se baigner, qu’ils se baignent. Et ceux qui, vivant durant trois mois de confinement au jour le jour sans économies ni revenus, attendaient ce moment fatidique pour reprendre leur activité, qu’ils le fassent. Jamais les Marocains n’ont été aussi heureux de recouvrer leurs libertés individuelles de circuler, de pique-niquer, de déambuler dans les rues de leur ville… sans restrictions.

Ce jeudi 25 juin 2020, 1er jour d’un déconfinement progressif décrété par le ministère de l’Intérieur, la joie se lisait sur les visages, jusque-là renfrognés, de millions de Casablancais. Pas seulement la joie, mais aussi la quiétude et l’épanouissement. Pour ce jeudi tant espéré, il y a d’abord une séance chez le coiffeur, l’esthéticienne et le hammam (bain maure) habituel ou le plus proche. Puis, place au plaisir, digne de la première gorgée d’un café «en dehors de chez soi», ou d’un sandwich ou un plat bien succulent dans son restaurant préféré. Fatima, la quarantaine, fait la queue devant un fast-food rue Mostafa El Mâani, dans l’arrondissement de Mers Sultan, où elle attend son sandwich aux frites: «Ça fait trois mois que je rêvais de ce moment», lance-t-elle le sourire aux lèvres.

Reprise donc des trajets domicile-travail pour des centaines de milliers de salariés qui ne peuvent pas continuer le télétravail. Le retour physique s’opère dans plusieurs milliers d’entreprises, après trois mois de confinement. Les employés et cadres vont donc devoir reprendre leurs voitures, mais gare aux bouchons qui sont réapparus après des mois de calme sans klaxons. Dans les transports en commun, le port du masque et la distanciation physique d’un mètre minimum sont toujours obligatoires. Attention, le déconfinement ne doit pas faire oublier que le pays est en état d’urgence sanitaire jusqu’au 10 juillet. En dépit de quelques tensions dans la matinée dans le tramway casablancais et dans les stations de bus, aucun incident majeur n’a été constaté.

La prudence reste de mise
Sur la côté de la célèbre plage casablancaise de Aïn Diab, située au quartier Anfa, l’allégresse des riverains est euphorique, sous le regard scrutateur des forces de l’ordre, attentives, de loin, au respect de la distance physique et de l’interdiction des rassemblements. Pendant plusieurs semaines de confinement, ce quartier et les abords de cette plage étaient vides et silencieux. Aujourd’hui, il fourmille d’estivants en quête d’un moment durable de plaisir.

Grands groupes ou petites enseignes, la plupart des magasins qui avaient gardé porte close pendant le confinement ont rouvert. Entre précautions sanitaires et inquiétudes économiques, leur choix a été fait de redémarrer leur activité commerciale. Si le premier jour a été vécu dans la bonne humeur et le bonheur, la prudence reste de mise car de probables foyers familiaux peuvent être détectés dans des fêtes ou des obsèques clandestines.


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