Casablanca caracole en tête des régions les plus touchées par le COVID-19

Les quartiers industriels sont les plus contaminés

Avec une population de plus de 5 millions d’habitants et la concentration de l’activité économique, Casablanca demeure, de loin, la région la plus exposée.

Le mystère a été levé par le ministère de la santé sur la situation sanitaire détaillée du Covid-19 dans certaines régions du Royaume. Considérée comme la plus touchée par la maladie, la région Casablanca-Settat enregistre, à elle seule, à la date du mardi 12 mai 2020, à 10h, 1.732 cas. Soit 27,58% des cas nationaux. La répartition de ces cas par quartier fait clairement apparaître l’importance des foyers industriels souvent évoqués par le ministère de la santé.

C’est ainsi que Sidi Bernoussi, où sont concentrées beaucoup d’unités industrielles, vient en tête des quartiers les plus contaminés avec 466 cas. Suivi de Aïn Sebaâ, un autre quartier industriel non moins important, avec 255 cas. En troisième lieu, on trouve le quartier Anfa avec 209 cas, suivi du quartier Moulay Rachid avec 131 cas. Les autres quartiers enregistrent les chiffres suivants: Aïn Chok, 87 cas; Ben M’sick, 66; Al Fida, 55 et Hay Hassani, 51. Quant à la répartition par province, Mohammedia enregistre 201 cas, Mediouna 71, Nouaceur 58, Berrechid 16 er El Jadida 15.

Il faut dire que de par sa population nombreuse (plus de 5 millions d’habitants) et la concentration de l’activité économique et commerciale, Casablanca demeure, de loin, la région la plus exposée au risque de propagation du virus. C’est pour cela que les foyers de contamination se sont rapidement déplacés vers les quartiers industriels qui regroupent le plus grand nombre d’unités de fabrication et de confection. Ce sont ces foyers industriels qui inquiètent au plus haut point les autorités sanitaires. Un véritable casse-tête qui a provoqué l’envolée des cas dans la métropole économique.

Autrement, les autres quartiers et provinces sont encore à des niveaux de contamination maîtrisables et ne semblent pas constituer des sources d’inquiétude pour le ministère de la santé. Quant à l’offre hospitalière de la métropole économique, elle semble encore présenter des niveaux de capacité susceptibles de satisfaire les futurs cas potentiels.

Relâchement coupable
Aux deux centres hospitaliers publics, CHU Ibnou Rochd et Moulay Youssef, destinés au traitement du Covid-19, se sont ajoutés plusieurs cliniques privées qui ont accepté de mettre leurs infrastructures médicales au service du ministère de la santé. S’ajoutent à cela des hôpitaux de campagne dont le tout dernier qui vient d’être monté, en dix jours, dans l’enceinte de la foire internationale de Casablanca avec une capacité de plus de 720 lits et l’hôpital de campagne militaire monté, il y a quelques semaines, dans la province de Ben Slimane. Mais cette capacité hospitalière risque d’être dépassée si les cas positifs au Covid-19 se multiplient dans la métropole économique.

Or, le relâchement constaté ces derniers temps, pendant le mois de Ramadan, n’est pas porteur d’espoir. Alors que l’état d’urgence sanitaire est toujours en vigueur, et que le gouvernement réfléchit sérieusement à son prolongement, les Casablancais, principalement dans les quartiers surpeuplés, continuent de braver le confinement et sortent massivement dans les marchés et les souks en négligeant les mesures minimales de sécurité sanitaire. Face à une telle situation, Casablanca est sérieusement menacée par la hausse importante des cas du Covid-19.


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