Casablanca croule sous les déchets

Grève des employés des sociétés Averda et Arma chargées de la gestion des ordures

La défaillance du service de propreté à Casablanca ne date pas d’aujourd’hui. Malgré les milliards versés aux sociétés délégataires Arma et Averda chaque année, il a suffi de deux jours de grève des employés de ces sociétés pour que les rues de la ville blanche se transforment en un dépotoir à ciel ouvert.

Voilà une preuve de plus que Casablanca est très mal gérée par Abdelaziz El Omari, maire Pjidiste de la capitale économique du pays. Le dossier de la gestion des déchets publics en est l’exemple édifiant. Malgré l’intervention du nouveau wali de Casablanca, Said Ahmidouch, en février 2019, pour la conclusion d’un nouveau contrat sur de nouvelles bases avec les sociétés délégataires, la collecte des déchets ménagers refait surface.

Pendant deux jours, mercredi 9 et jeudi 10 juin 2021, la ville ressemblait plus à un dépotoire à ciel ouvert. Des tas d’ordures amoncelés ci et là dans les rues. Les dépôts sauvages d’ordures se multipliaient à tous les coins de rues. Dans les quartiers populaires, au centre-ville comme quartier Mâarif et Anfa, les artères de la ville se sont transformées en décharge publique.

Pour cause? Plusieurs milliers d’éboueurs ou d’agents en charge du ramassage des déchets relevant des deux sociétés délégataires chargées de la propreté urbaine de la métropole, Arma et Averda, étaient en grève. Ils protestaient contre un retard dans le versement de leurs salaires depuis deux mois. Une grève qui a duré deux jours, mercredi 9 et jeudi 11 juin 2021, et qui a pris fin progressivement à partir de vendredi 12 juin.

Des sommes faramineuses
La situation a été dénouée à la suite de réunions entre les responsables des deux sociétés et les syndicats représentants des éboueurs. Mais à l’origine de cette grève, les amendes censées être appliquées contre les sociétés délégataires en 2021 en cas de retard ou de manquement aux engagements pris, sujet de discorde avec le conseil de la ville. Et la facture de ce différend, ce sont les Casablancais qui l’ont payée.

Le contrat conclu en 2019 montre que les prestations de collecte coûtent 890 millions de DH annuellement pour la ville de Casablanca depuis 2019, soit un surplus de 230 millions de DH par rapport à l’ancien contrat. Cette somme représente le tiers du budget annuel de la commune urbaine. Sur les 7 ans que dure le contrat, les deux opérateurs se partageront donc 6 milliards de dirhams.

Ces sommes faramineuses d’argent proviennent de l’argent du contribuable. Une clause de suivi et de contrôle de la part du conseil de la ville et de la société de développement local Casa Propreté a été introduite dans le nouveau contrat de gestion déléguée. Sauf que cette clause n’est pas respectée. La gestion de ce dossier comme celui de l’éclairage public a été toujours empreinte d’un manque de transparence. Une gestion calamiteuse qui s’ajoute à l’actif du maire pjdiste du poumon économique du royaume.