Casablanca : Le cauchemar de la circulation durant le ramadan


Durant le Ramadan, Casablanca, déjà confrontée à des défis de mobilité au quotidien, voit sa situation de circulation se détériorer davantage. Les embouteillages, exacerbés par des horaires de travail alignés et des ruptures de jeûne synchronisées, plongent la ville dans un chaos routier. Ce phénomène, loin d'être isolé, soulève des questions critiques sur la capacité de la métropole à gérer son flux de véhicules, particulièrement en prévision d'événements majeurs comme la CAN.

Les témoignages des Casablancais sur le groupe "Save Casablanca" révèlent une frustration généralisée. Le constat est sans appel : absence de planification urbaine adaptée, non-respect chronique des règles de circulation, et sanctions insuffisamment dissuasives créent un cocktail délétère pour la fluidité du trafic. Ces problèmes ne sont pas nouveaux, mais le Ramadan les met en lumière avec une intensité particulière. 

Un habitant partage son expérience quotidienne devenue quasiment kafkaïenne : "Faire le trajet de Mohammedia à Sidi Maarouf prend désormais deux heures, un embouteillage insupportable qui met en lumière l'absence de réflexion approfondie derrière les projets d'urbanisme, malgré leur importance cruciale. À mesure que Casablanca s'étend, ses artères semblent rétrécir, asphyxiées par un flux de véhicules en constante augmentation."

Ce sentiment d'exaspération est réverbéré par d'autres voix qui émanent de divers quartiers de la ville. "Naviguer de Sidi Maarouf à Bernoussi exige une patience d'acier, avec un temps de parcours atteignant une heure et demie pour une distance qui, dans un contexte de circulation fluide, devrait être considérablement moindre," rapporte un autre citoyen, mettant en exergue l'effet domino des embouteillages sur l'ensemble de la mobilité casablancaise.

La situation semble encore plus critique sur certaines artères principales de la ville. "Se frayer un chemin à travers le boulevard Anoual est une épreuve de persévérance, avec des durées atteignant parfois 1h45," partage un conducteur, illustrant le niveau de saturation routière.


Au cœur de ces critiques, un point revient constamment : la nécessité de repenser l'aménagement urbain. "Avant même de considérer l'extension du réseau de tramway, la construction de tunnels aux intersections clés des boulevards aurait dû être priorisée pour désengorger le trafic. Le résultat actuel n'est que le reflet d'une planification de circulation défaillante, imputable à ceux en charge de concevoir l'espace urbain de Casablanca," souligne un observateur averti, pointant du doigt les décisions d'aménagement qui semblent avoir négligé les réalités complexes de la circulation dans une métropole en pleine expansion.

L'ampleur des travaux engagés, notamment en période sensible comme le Ramadan, ajoute une couche supplémentaire de complexité. "Commencer de grands travaux au début du Ramadan, comme c'est le cas pour la rue Taddart, ne fait qu'aggraver la situation, transformant chaque déplacement en un véritable cauchemar," exprime un résident qui témoigne de l'impact direct de ces choix sur la qualité de vie quotidienne des Casablancais.

Face à cette situation, des propositions émergent des voix citoyennes. Une révision en profondeur du système de signalisation, avec une simplification du fonctionnement des feux tricolores, pourrait fluidifier le trafic. L'augmentation significative des amendes pour les infractions routières est également suggérée comme un moyen efficace de dissuasion. La modernisation de l'infrastructure routière, l'incitation au télétravail, et la mise en œuvre de sanctions plus sévères pour les infractions routières sont parmi les solutions prônées pour atténuer le cauchemar quotidien des embouteillages à Casablanca. Cependant, la mise en œuvre de ces solutions nécessite une volonté politique ferme et un engagement collectif envers un changement durable.





 





 

 

 

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