LA CARAVANE PASSE...

Le développement des relations Maroc-Israël irrite Alger

On n’attendait pas moins comme réaction de la part du voisin de l’Est à la reconnaissance par Israël de la marocanité du Sahara. L’Algérie prouve, une fois de plus, qu’elle est le seul adversaire du Maroc dans le dossier du Sahara.

Soixante-douze heures après, la réaction officielle de l’Algérie relative à la reconnaissance par Israël de la marocanité du Sahara est finalement tombée. Dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères algérien diffusé jeudi 20 juillet 2023, on lit que « L’Algérie a pris connaissance de l’annonce par les autorités marocaines de la reconnaissance par Israël de la prétendue souveraineté marocaine sur les territoires du Sahara occidental. Cet acte, qui émane d’une autorité d’occupation au registre noir en matière de violation de la législation et de la légalité internationales, constitue une autre étape dans la série de manoeuvres et de la politique de fuite en avant adoptée par l’occupant marocain ».

Le pouvoir algérien va plus loin et qualifie cet acte de « violation flagrante des lois internationales, des décisions du Conseil de sécurité et des résolutions de l’Assemblée générale des Nations-Unies concernant la question du Sahara occidental ». On n’attendait pas moins de la part du voisin de l’Est. Cela prouve, une fois de plus, que l’Algérie est le seul adversaire du Maroc dans le dossier du Sahara. La presse algérienne a interprété cette réaction comme une déclaration de guerre visant à déstabiliser l’Algérie. « De tous les partenariats engagés par les deux pays depuis décembre 2020, celui en lien avec le domaine militaire et sécuritaire avance à une cadence accélérée », souligne le média algérien Tout sur l’Algérie (TSA). Des messages qui trahissent l’angoisse de l’Etat-major algérien, et particulièrement son chef le général Said Chengriha. Que nos frères algériens se rassurent : l’alliance entre le Maroc et Israël ne vise pas à déclarer une guerre contre leur pays ni contre quiconque d’ailleurs.

C’est connu, le monde entier, sait que le Maroc est un pays pacifiste qui a toujours oeuvré pour la paix. En vérité, le Maroc est d’ores et déjà engagé dans une autre guerre, plus décisive. Celle du développement qui a commencé depuis au moins une vingtaine d’années, sous l’impulsion de notre Roi. Une guerre qui veut que le Royaume du Maroc ne compte pas seulement sur ses phosphates pour amorcer son développement économique, industriel et agricole. Car la vraie sécurité est d’abord alimentaire et non pas militaire. On ne peut pas s’enorgueillir d’acquérir massivement des chars d’assaut, des avions de chasses ou des sous-marins, quand le pays n’a pas de quoi subvenir à ses besoins les plus vitaux.


Du temps de l’ancien président algérien Houari Boumédiène, l’Algérie avait un ministre de l’Industrie, clairvoyant qui n’est autre que Belaïd Abdeslam, qui affirmait sans sourciller que « l’Algérie grâce à son pétrole et sa sidérurgie, va être la locomotive du Maghreb, tandis que le Maroc sera toujours un producteur de tomate». Une illusion perdue puisque cette « industrialisation industrialisante » à l’algérienne est vite tombée à l’eau ayant pour effet immédiat une destruction systématique de l’agriculture héritée de la France en 1962, après l’indépendance du pays. Des terres collectives, les champs fertiles de la Mitidja et les fameux vignobles de l’oranais, ont été sacrifiées au profit d’une planification industrielle, qui n’a jamais vu le jour, plongeant ainsi le pays dans les méandres de la rente pétrolière.

Au moment où le voisin de l’Est misait tout sur ses richesses fossiles, le Maroc, lui, se lançait dans une stratégie agricole appuyée par la construction de barrages et de collinaires, encourageait les investisseurs en leur accordant des incitations de tous genres, modernisait et renforçait ses infrastructures, engageait des réformes sociales, religieuses, économiques et financières… Ce sont-là autant de batailles remportées dans sa guerre de développement qui s’inscrit dans la durée. Le Royaume a emprunté le chemin du progrès. Il réussit dans tout ce qu’il entreprend, autoroutes, TGV, villes nouvelles et intelligentes, mégaports, zones industuelles, zones franches… Même quand il réalise ces exploits, il ne s’arrête pas en si bon chemin. Il les considère comme des objectifs intermédiaires qui lui balisent le terrain pour atteindre des objectifs beaucoup plus ambitieux. Pour cela, il ne cesse de multiplier des partenariats et des alliances à l’échelon régional comme à l’échelle internationale.

L’alliance avec Israël fait partie de cette diplomatie économique sans pour autant remettre en cause notre identité arabo-musulmane et nos racines africaines. Surtout notre engagement indéfectible à l’égard de la cause palestinienne pour la défense de laquelle le Maroc n’a ménagé aucun effort. Dans sa réponse au premier ministre israélien, SM le Roi a souligné que la visite au Maroc à laquelle il l’a convié, sera « une occasion pour promouvoir les perspectives de la paix pour tous les peuples de la région (…) y compris en ce qui concerne les principes devant guider la résolution du conflit israélo- palestinien. » Voici la guerre dans laquelle le Maroc s’est engagé avec détermination et ténacité. Cette guerre ne lui laisse guère le temps pour les élucubrations et les manigances délétaires.

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