CAPITAL SANTÉ ES-TU LÀ?

S’IL Y A UN CAPITAL QUI MÉRITE D’ÊTRE PROTÉGÉ, C’EST CELUI DE LA SANTÉ.

Depuis que l’épidémie du néo-coronavirus Covid-19 se propage en Chine et se répand à travers le monde, tout va mal. La santé, le capital le plus précieux, va mal. Mais aussi le processus de mondialisation économique, qui se fragilise. Ainsi, le virus, qui circule beaucoup plus librement que les marchandises, risque de changer la donne de la mondialisation et causer des difficultés d’approvisionnement pour certaines filières stratégiques dans les chaînes de valeur.

Filières aussi importantes que les batteries électriques ou les principes actifs à la base des médicaments, sans parler des terres rares indispensables aux produits high-tech, panneaux solaires, matériels électriques et d’autres composants électroniques... Rappelons que les chaînes de valeur comptent pour les ¾ de la croissance du commerce mondial, et la Chine représente la source la plus importante de cette expansion. Côté circulation des personnes, la propagation du coronavirus affecte les plus hauts lieux du tourisme mondial. Les fréquentations des sites touristiques (monuments, musées, etc.) chutent. D’abord en Asie du Sud-Est, suivie du Japon et de Europe, viennent ensuite les pays du pourtour méditerranéen, dont fait partie le Maroc. Faute d’arrivées en provenance de Chine.

Ainsi, nombre d’économies dépendent des flots de touristes. A eux seuls, les 200 millions de touristes chinois généreraient pas moins de 277 milliards de dollars (250 milliards d’euros) dépensés par an, selon l’organisation mondiale du tourisme UNWTO. La baisse d’activité en Chine pèse également sur la demande du pétrole brut et entraîne les cours dans une chute incontrôlée aux alentours de 51 dollars le baril, perdant plus de 25% de sa valeur depuis début janvier 2020 et se retrouvant à son plus bas niveau depuis quatorze mois.

Là encore l’incidence du coronavirus se fait sentir sur l’économie chinoise avec toutes les conséquences sur le transport aérien et routier ainsi que sur l’activité industrielle mondiale. Certes, cette diminution du prix du pétrole ne fait pas que des perdants, comme les pays pétroliers, mais permet, par contrecoup, d’alléger quelque peu la facture pétrolière des pays structurellement importateurs d’hydrocarbures comme le Maroc. Un effet positif de l’épidémie du coronavirus qui s’ajoute à celui de la diminution des émissions de CO2 qui, même si elles sont éphémères, s’avèrent bénéfiques pour l’environnement, et, par ricochet, pour la santé de la population chinoise qui respire un air plus sain.

Renforçant, ainsi, un capital santé de plus en plus mis à mal par la prolifération d’un virus qui inquiète et crée la psychose au sein de la population. Bien que l’épidémie n’est qu’à ses débuts, la panique, bien que non justifiée dans la plupart des cas, risque aussi de s’installer chez nous, surtout lorsque nos citoyens ne se sentent pas satisfaits par le système de santé publique actuel. Des citoyens qui continuent de pâtir de nombreuses limites, notamment en termes de déséquilibre de l’offre de soins au niveau territorial, de qualité de service rendu et d’encadrement médical et paramédical.


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