Capital-Investissement en Afrique: Quel effet pour la relance économique ?

Un rapport d’Oxford Business Group et HEC Paris détaille l’attractivité continue des pays d’Afrique dont le marché marocain, tout en explorant les possibilités d’investissement dans d’autres espaces, à l’issue de la crise de la Covid-19.

On connaît le rôle primordial du capital-risque, appelé encore capital- investissement dans l’économie d’un pays. Au Maroc, si ce mode de financement des entreprises et des investissements a connu un développement relativement prospère au cours des années 2000, avec des débuts balbutiants et prometteurs pendant les années 90, il n’en demeure pas moins que son importance s’est considérablement affaiblie au cours des dernières années.

La crise du Covid-19 n’a pas arrangé les choses pour cette activité qui a vu son poids reculer par rapport aux moyens classiques de financement comme par exemple le financement bancaire. Pour connaître la situation exacte du capital-risque dans notre pays et dans d’autres pays africains, deux grands organismes internationaux, en l’occurrence Oxford Business groupe et HEC Paris, ont produit, fin octobre 2021, une étude sur le capital-investissement en Afrique.

Efforts de diversification
Cette publication présente des données essentielles ainsi que des infographies relatives aux tendances actuelles et futures en matière de capital-investissement et capital-risque. Retraçant l’évolution du capital-investissement dans la région, depuis ses débuts entre les mains d’institutions de financement du développement jusqu’à l’arrivée d’investisseurs institutionnels mondiaux et la création de fonds axés sur l’Afrique, le document s’intéresse aussi aux évolutions géographiques et analyse l’expansion et les tendances en matière de capital-investissement en Afrique par région.

Il détaille ainsi l’attractivité continue des marchés établis en Afrique (Afrique du Sud, Nigeria, Kenya, Égypte, Maroc et Ghana), tout en explorant les possibilités d’investissement dans d’autres espaces, à l’issue de la crise de la Covid-19.

Les experts d’Oxford Business Group et d’HEC Paris pensent qu’en cette période d’incertitude et de préoccupations mondiales en matière de santé et de sécurité publiques, les investisseurs institutionnels et les gestionnaires de fonds opérant en Afrique ont fourni un soutien et des liquidités supplémentaires aux entreprises bénéficiaires afin de permettre la poursuite des opérations et des échanges, protégeant ainsi les emplois et les moyens de subsistance. Pour certains, c’est une période difficile. Pour d’autres, c’est une période d’opportunités multiples.

Selon Karine Loehman, directrice générale d’OBG pour l’Afrique, un accroissement des capitaux privés, allié à des efforts de diversification dans toute l’Afrique, devrait stimuler davantage l’intérêt des investisseurs pour la région. «Les premiers signes émanant de cette pandémie indiquent que l’Afrique reste une destination attrayante en matière d’investissements», a-t-elle déclaré.

«Étant donné que la pandémie a creusé les écarts de financement de plusieurs gouvernements, de nouvelles mesures favorables aux investisseurs pourraient également être introduites sur un certain nombre de marchés, y compris des initiatives liées aux réglementations régissant les capitaux privés. »

Le rapport s’inscrit dans une série de publications sectorielles sur mesure produites actuellement par les deux organismes internationaux, en collaboration avec des institutions représentatives de leur secteur.