LA LÉGALISATION DU CANNABIS AU MAROC, UN PAS SALUTAIRE

CANNABIS THÉRAPEUTIQUE, DE L'OR VERT?


Le Maroc peut-il devenir, à terme, l’un des champions du cannabis thérapeutique ? Il est permis de se projeter avec un certain enthousiasme, tant les conditions sont réunies pour faire du Maroc une plaque tournante du cannabis licite. Selon certaines estimations, ce business devrait générer pas moins de deux milliards de dirhams de revenus en 2024. Avec une cinquantaine de milliers d’hectares de cannabis, un climat adapté et la proximité des marchés internationaux, le potentiel semble prometteur, pourvu que ces atouts soient utilisés à bon escient. Le ministère de l’Intérieur estime, d’ailleurs, que les revenus d’exportation générés par le marché licite du kif oscilleraient entre 4,2 et 6,3 milliards de dollars à l’horizon 2028.

Une aubaine, tant pour l’Etat que pour les industriels du secteur. La loi n° 13-21 du 3 hija 1442 (14 juillet 2021) relative aux usages licites du cannabis, adoptée il y a 3 ans, a ouvert la voie à de nombreuses opportunités et, si besoin était, a constitué une révolution législative, tant le tabou autour du cannabis au Maroc prenait des allures d’anomalie. Sortis de la clandestinité, les cultivateurs peuvent travailler dans un cadre apaisé, légalement et en parfaite harmonie avec les autorités, qui auront la charge de réguler le marché en fonction des besoins.


Sous le contrôle de l’Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis, qui délivre les autorisations, fixe leur durée de validité et les conditions de leur refus ou de leur retrait, plusieurs interdits ont été levés : la culture et la production du cannabis, la création et l’exploitation des plantations de cannabis, l’importation et l’exportation des graines, la transformation, l’industrialisation, le transport du cannabis et de ses produits ainsi que la commercialisation et l’exportation du cannabis. Dans ce cadre, le ministère de la Santé et de la Protection Sociale a publié un bulletin réglementaire qui établit les conditions et les documents nécessaires pour la demande d’autorisation de mise sur le marché (AMM).

Plusieurs laboratoires sont d’ores et déjà entrés dans la danse, spécialisés depuis quelques années dans le développement et la distribution de compléments alimentaires et de produits médicaux à base naturelle. Infusions, chocolats, médicament à base de cannabis et autres produits variés débarqueront sur le marché marocain à partir de juin 2024. Une démarche salutaire, qui a mis fin à la politique de l’autruche, qui responsabilise les acteurs du cannabis et offrira des emplois en dopant la croissance nationale. Le Maroc évolue, c’est un fait.

Articles similaires