La candidature de Hammad Kabbaj aux législatives du 7 octobre invalidée

Hammad Kabbaj Hammad Kabbaj

Quarante huit heures après le début des dépôts de candidatures pour les élections législatives du 7 octobre 2016, le wali de Marrakech, Abdelfettah Lebjioui, a créé l’événement en décidant l’invalidation de la candidature au nom du PJD dans la circonscription Annakhil du prédicateur salafiste Hammad Kabbaj.


L’argumentaire du wali dépasse le cadre du formalisme administratif, puisque l’invalidation ne porte pas sur « dossier incomplet par manque de document, condamnation privant M. Kabbaj de la possibilité de se présenter aux élections ou encore des poursuites pénales engagées contre lui », mais plutôt sur un tout autre registre, à savoir les prises de position de M. Kabbaj. Le wali considère que suite à l’enquête menée par les services compétents, il s’est avéré que « M. Kabbaj a, à plusieurs reprises, fait des déclarations portant atteinte aux principes démocratiques, aux articles de la constitution et incitant à la haine et à la violence… De ca fait là, sa candidature aux prochaines élections législatives ne peut être validée…»


La décision du wali a été notifiée à M. Kabbaj, jeudi 15 septembre. Lui qui était désigné tête de liste PJD dans l’une des circonscriptions de Marrakech. Mais au lieu de saisir le tribunal administratif, seule instance pouvant invalider la décision du wali, il a plutôt préféré écrire une lettre ouverte à SM le Roi où il demande l’intervention royale pour lui permettre de se présenter aux élections. « Les arguments du wali ne sont pas recevables, dit-il. Si j’incitais à la haine et à la violence, pourquoi on ne m’a jamais poursuivi pour cela ? Je donne des conférences au Maroc et à l’étranger et je voyage quand je veux dans plusieurs pays du monde… »


Il ajoute avoir été très actif dans la campagne pour voter oui à la constitution de 2011 et que « si jamais j’avais commis des erreurs par le passé, je les ai corrigées par la suite et me suis inscrit dans la ligne de défense de la démocratie et de la stabilité du pays… ».


Les ONG des droits humains rejettent les arguments de M. Kabbaj, lui qui s’est attaqué aux militants associatifs, aux partis politique de gauche, aux juifs et à tout ceux qui ne partagent pas ses idées.