Entre la peste et le choléra

Le calvaire du transport dans la cité blanche

Les taxis? Oh, la blague! Capricieux, ils semblent choisir leurs passagers selon des critères mystérieux.


Imaginez vous à Casablanca, avec une maladie qui gronde dans votre corps, juste au moment où l’heure de pointe commence. Et à Casablanca, il faut souligner que ça dure de 16h à 20h. C’est l’histoire d’un choix, un choix presque impossible entre la peste et le choléra, entre les divers moyens de transport de cette métropole bondée.

Vous vous tenez là, perdus dans un océan de voitures, de klaxons et de jurons alors que votre sentiment de malaise augmente. Un bus passe. D’habitude, vous l’attendez pour des heures et des heures et il ne se pointe que rarement. Aujourd’hui, ça semble un choix audacieux. Vous vous rappelez qu’au bus bidaoui, la notion d’espace personnel est aussi étrangère qu’un pingouin au Sahara. Vous imaginez déjà la bousculade, les sueurs froides, les toussements. Vous voudrez sortir, mais vous n’aurez même pas la force de crier “Wa jaouad” pour ouvrir la porte et vous mourrez en plein milieu d’un bus. Non, définitivement non, le bus n’est pas pour vous. Pas avec cette toux qui vous écorche déjà la gorge.


Et le tramway, cette fierté de la ville toute rouge et brillante? Certes, il est propre, il est beau, mais il a le défaut de ses qualités. Il ne va pas partout. Et vous vous trouverez, bien évidemment, dans un de ces nombreux endroits que le tramway regarde de loin, avec une sorte de dédain bourgeois. Les taxis? Oh, la blague! Capricieux, ils semblent choisir leurs passagers selon des critères mystérieux, laissant parfois les plus désespérés sur le bord de la route, bras levés en signe d’incompréhension. En plus, dans ce rush hour, trouver un taxi libre est un miracle. Et quand bien même vous en trouverez un, ce serait pour plonger dans le bain mouvementé des rues embouteillées, avec un compteur qui s’affole et un chauffeur au tempérament de pilote de course.

Les applications de VTC? Une idée lumineuse, en théorie. Malgré la demande élevée et les prix qui s’envolent, vous envisagez d’attendre qu’une voiture se libère. Mais alors, la réalisation vous frappe: cela pourrait prendre plus de temps que sa crise de santé elle-même. Et soudain, un souvenir désagréable refait surface. vous vous rappelez cette fois où, sous un soleil de plomb, un chauffeur s’était arrêté au beau milieu de nulle part, prétextant avoir épuisé son essence. Là, il vous a laissé, attendant pendant plus de 40 minutes, le temps pour lui de revenir avec un petit bidon de 5 litres d’essence.

L’ambulance ? Dans cette ville où même les sirènes peinent à se frayer un chemin, vous vous dites que ce serait un miracle. Alors, que faire ? Si c’était moi, j’aurai préféré encore affronter ma crise tranquillement, loin du tumulte des transports casablancais. Mourir lentement, mais sûrement, loin du bruit, de la fureur et des tarifs exorbitants des taxis. J’attendrai que la ville retrouve son calme, que la marée humaine se retire, et que la maladie fasse, peut-être, une pause. Car à Casablanca, parfois, le meilleur moyen de transport, c’est encore l’immobilité.

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