Le Caire réaffirme son soutien à l’intégrité territoriale du Maroc et la convergence de vues sur la question palestinienne

La rencontre entre Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères et son homologue égyptien, Sameh Choukri, lundi 9 mai 2022 à Rabat, est tombée à point nommé à un moment où le Sommet arabe peine depuis plus d’un an à se tenir à Alger à cause de l’obstination du régime algérien à provoquer le Maroc et les pays du Golfe en particulier relativement à la guerre au Yémen, à la Syrie et à la confusion créée au sujet de la question palestinienne et les relations entre pays arabes et Israël. Ainsi, le point de presse conjoint à l'issue de leurs entretiens a été l’occasion pour le chef de la diplomatie égyptienne de souligner la convergence des vues concernant plusieurs questions d’intérêt commun en lien avec l’Afrique, notamment la région sahélo-saharienne, les développements en Libye, la question palestinienne et la lutte contre le terrorisme, les organisations terroristes et l’idéologie extrémiste.

L’entente bilatérale se traduit d’abord sur la question du Sahara marocain. M. Choukri a réitéré le soutien de son pays à l'intégrité territoriale du Royaume et l'appui au contenu des résolutions du Conseil de sécurité, dont la résolution 2602, datée de 2021, qui a salué les efforts sérieux et crédibles du Maroc visant à aller de l'avant vers un règlement politique de la question du Sahara.

Le ministre égyptien des Affaires étrangères a par ailleurs salué le rôle joué par le Comité Al-Qods, présidé par le Roi Mohammed VI, dans le soutien de la résistance des Maqdessis et la préservation du cachet arabo-islamique d'Al-Qods, de son statut juridique et civilisationnel et de son identité historique en tant que terre de coexistence entre les trois religions.

«Il y a une convergence de vues entre le Maroc et l’Egypte et une volonté de renforcer la coordination bilatérale en initiatives conjointes au service aussi bien des intérêts des deux pays que de la sécurité, de la paix et de la stabilité régionales», a affirmé M. Bourita à cette occasion.

Dans un communiqué conjoint publié au terme des entretiens, les deux parties ont réaffirmé les constantes arabes et internationales liées à la création d'un Etat palestinien indépendant avec Al-Qods-Est comme capitale, aux frontières du 4 juin 1967 et vivant côte à côte avec Israël, conformément aux résolutions internationales y afférentes.

Les termes du communiqué attestent de la convergence des points de vue des deux pays sur la question palestinienne et le rôle historique du Maroc visant à l’élucider. Un coup dur pour les locataires du palais d’El Mouradia, qui n’ont ménagé aucun effort pour brouiller le consensus arabe sur ce sujet. Samedi 16 avril 2022, le représentant permanent de l’Algérie auprès de l’ONU a entravé l’adoption d’un communiqué du Groupe arabe à New York, relatif à la récente agression israélienne contre les lieux saints à Al-Qods, pour le seul motif qu’il se réfère au Comité Al-Qods de l’Organisation de la Coopération islamique (OCI) et à l’action de son président, le Roi Mohammed VI. L’ensemble des États membres du Groupe arabe ont validé le communiqué tel que soumis par la délégation palestinienne, à l’exception de l’ambassadeur d’Algérie. Ce dernier s’est même opposé au fait de citer le rôle important de l’Egypte dans ce dossier.

C’est dire que la rencontre entre M. Bourita et M. Choukri et leurs déclarations montrent à quel point les agitations d’Alger n’entament en rien l’entente entre deux pays importants sur l’échiquier politique régional et international.