Cafés et restaurants: Les professionnels proposent leur feuille de route au gouvernement

D’autant plus asphyxié par le confinement nocturne du Ramadan venu s’ajouter à plus d’un an de restrictions dues à la pandémie, le secteur des cafés et restaurants insiste pour que l’Exécutif trouve des solutions à ses problèmes.

Le gouvernement Saâd Eddine El Othmani semble enfin commencer à se soucier des griefs des patrons de cafés et de restaurants. Dès après le mois du Ramadan, ces cafés et restaurants devraient, en effet, être autorisés à ouvrir jusqu’à 23h, eux qui ont été grandement éprouvés au cours du mois sacré suite à la décision de l’Exécutif de les obliger à baisser les stores au coup de 19h. Rien d’officiel, certes, encore pour le moment, mais l’annonce devrait, selon différentes sources, être incessamment faite.

Exonérations fiscales
Cela suffira-t-il ceci dit pour permettre au secteur de se relever de la dure épreuve de la pandémie de Covid-19, qui aurait coûté aux professionnels quelque 60% de leur chiffre d’affaires cumulé et vu au moins le quart d’entre eux devoir mettre la clé sous le paillasson? Non, selon ces mêmes professionnels, puisque ces derniers, réunis en majorité au sein de l’Association nationale des patrons de cafés et de restaurants (ANPCR), viennent de soumettre le 28 avril 2021 à la discrétion de M. El Othmani une série de propositions de nature, selon eux, à un tant soi peu desserrer l’étau autour d’eux.

Parmi ces propositions, on retrouve notamment celle de faire bénéficier les salariés de l’indemnité de perte d’emploi temporaire, y compris ceux qui ne sont pas déclarés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), avec toutefois l’engagement de la part des employeurs de les garder pour une durée minimale de six mois. Quant à ceux qui se seraient définitivement retrouvés en situation de chômage, l’ANPCR invite le chef du gouvernement à leur octroyer d’ici la fin de la pandémie d’un montant correspondant à 30% de leur salaire.

En outre l’État prendrait en charge, et ce pour la période s’étalant depuis le début de la pandémie, la moitié des cotisations mensuelles, de même qu’il prolongerait de deux ans supplémentaires l’exonération des pénalités et amendes liées à la CNSS.

Au niveau de la fiscalité, l’ANPCR est d’avis que les autorités se devraient de réduire de moitié, pour les années 2020 et 2021, la taxe professionnelle, tout en exonérant tout au long de la pandémie les cafés et les restaurants de la taxe sur les débits de boissons et de la taxe d’occupation du domaine public ainsi que des amendes liées à cette toute dernière taxe et celles qui sont en rapport avec les impôts locaux.

Enfin, en ce qui s’agit de l’eau et de l’électricité, l’ANPCR appelle à cesser, d’un côté, de supprimer les compteurs d’eau et d’électricité, et de l’autre à planifier sur 24 mois la durée de versement des indemnités, et ce une fois la pandémie terminée.

Présent le 19 avril 2021 sous la coupole de la Chambre des représentants, le ministre de l’Industrie, Moulay Hafid Elalamy, avait plaidé le fait que ce n’était qu’à la dernière minute que le confinement nocturne décrété pendant le Ramadan avait été décidé pour expliquer l’absence de mesures en faveur des professionnels des cafés et des restaurants, mais sans doute le temps est-il donc venu pour le gouvernement El Othmani pour agir et sauver un secteur qui, il faut le rappeler, fait vivre pas moins de 2 millions de personnes.

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