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Des bus "made in Morocco" bientôt déployés en Afrique

Les nouveaux bus qui sillonnent actuellement Casablanca ont été conçus par l’espagnol Irizar avec un taux d’intégration de 41%. Au fur et à mesure de la montée en puissance de l’écosystème Poids lourds et carrosserie industrielle, le Maroc pourra produire de véritables bus “made in Morocco” avec pour ambition d’en exporter une bonne partie en Afrique.

De la fierté et beaucoup d’ambition. Le vendredi 12 février 2021, au siège de l’unité industrielle d’Irizar Maroc, à Skhirat, les convives et les officiels marocains n’ont pas caché leur fierté de faire partie de cette aventure industrielle marocaine. Ce jour-là, Irizar Maroc a présenté ses derniers bus livrés pour la ville de Casablanca, des bus «made in Morocco», même si le taux d’intégration reste en deçà des ambitions de ce secteur très prometteur. «Il est impératif de promouvoir la fabrication locale et de développer le plus tôt possible cet écosystème et le rendre compétitif.

Le taux d’intégration locale de la fabrication des bus Irizar a atteint aujourd’hui 41%. Nous allons tout faire pour arriver à 60% de taux d’intégration à terme», a déclaré Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Economie verte et numérique. Un taux qui pourrait être largement dépassé, indique pour sa part, Mohammed Abouchane, DG d’Irizar Maroc qui peut, pour le moment, s’enorgueillir d’un taux de 100% de conception de ces bus par des compétences marocaines.

Si le taux d’intégration frôle actuellement les 41%, c’est que l’écosystème Poids lourds et carrosserie industrielle est confronté à un manque d’équipementiers marocains capables de fournir aux constructeurs des pièces essentielles dans le processus de fabrication. Une problématique que le ministre de l’Industrie a admise, tout en rassurant que des efforts sont déployés pour attirer davantage d’investisseurs dans la fabrication de pièces destinées à cet écosystème dans le cadre de la banque à projets lancée en septembre 2020.

Normes internationales
Plusieurs actions seront menées par le ministère pour réaliser cet objectif, en étroite collaboration avec le Groupement du poids lourd et de la carrosserie (GPLC). Son président, Adil Zaidi, présent lors de l’événement du 12 février n’a pas manqué de rappeler que beaucoup de choses ont été réalisées depuis 2015, année du lancement de l’écosystème. Zaidi semble plus optimiste en prévoyant un taux d’intégration d’au moins 85% à terme.

Par ailleurs, les nouveaux bus de Casablanca n’ont rien à envier à ceux que le Maroc importait. «Ils sont conformes aux normes internationales et équipés de toutes les propriétés et modes de confort pour les passagers. Dotés de 33 places assises, de la connectivité, des rampes pour fauteuils roulants, des places spécifiques pour les personnes à mobilité réduite, notamment l’inclinaison des bus pour la facilitation de la montée des gens, ces véhicules ont la particularité d’être les premiers au monde à être homologués en norme de sécurité anti-renversement», a précisé Abouchane.

Ces nouveaux véhicules seront déployés dans d’autres villes du Royaume, en Afrique et même en Europe, prévoit le DG d’Irizar. Au Maroc, le carrossier d’autocars espagnol, Irizar, mobilise plus de 15 fournisseurs locaux au sein de son écosystème dans lequel il assemble des autobus sur des châssis de la marque Scania, d’une longueur de 12 mètres. A noter que les 18 constructeurs majeurs mondiaux sont représentés au Maroc à travers un écosystème composé de 85 unités de carrossiers et d’équipementiers. Cet écosystème représente, actuellement, un chiffre d’affaires de 11 milliards de dirhams par an et emploie 8.000 collaborateurs.