Bruxelles défend que les accords commerciaux avec le Maroc profitent aux provinces du sud et à sa population

L'heure de vérité

Le rapport de la Commission européenne fait suite à la décision des vingt-sept membres de l’UE de faire appel de l’arrêt du Tribunal de l’Union européenne, en date de fin septembre 2021, qui a annulé les accords de commerce et de pêche entre le bloc et le Maroc qui incluent le Sahara occidental.

À l’issue d’une mission dans les provinces du Sud d’une délégation de la Commission européenne et du Service européen de l’action extérieure (SEAE), du 20 au 23 septembre 2021, visant à vérifier sur le terrain si les accords de pêche et agricole conclus entre le Maroc et l’Union européenne bénéficient réellement à la population locale, un rapport a été rendu par la Commission européenne le 22 décembre 2021 et divulgué le 4 janvier 2022 par l’agence de presse espagnole Europa Press.

Il en ressort que l’accord entre l’UE et le Maroc, offrant des préférences tarifaires aux produits agricoles et de la pêche exportés du Sahara, présente des «avantages» à la fois pour ce territoire et ses habitants. Le document fait donc suite à la décision des vingt-sept membres de l’UE de faire appel de l’arrêt du Tribunal de l’Union européenne, en date de fin septembre 2021, qui a annulé les accords de commerce et de pêche entre le bloc et le Maroc qui incluent le Sahara occidental.

«La mission comprenait cinq visites sur le terrain dans des fermes et des établissements qui exportent vers l’UE et des réunions avec des représentants des secteurs de la pêche, de l’agriculture et de l’artisanat, des coopératives et un centre de formation», indique le document, qui se concentre sur l’analyse des exportations agricoles et de la pêche.

Selon ce document médiatisé par Europa Press, la totalité des 66.700 tonnes de produits agricoles produits au Sahara occidental sous souveraineté marocaine sont exportées vers l’UE. Au total, en 2020, les exportations agricoles vers l’UE –principalement la tomate et le melon– ont atteint une valeur de 79,5 millions d’euros. En termes de création d’emplois, dans la seule région de Dakhla-Oued Eddahab, on estime qu’il y avait 14.000 emplois directs en 2020, dont 12.320 dépendraient directement des exportations vers l’UE.

Secteurs stratégiques
En ce qui concerne le secteur de la pêche, en 2020, 140.500 tonnes de produits de la pêche ont été exportées des provinces du Sud vers l’UE pour une valeur de 412 millions d’euros, alors qu’on estime que les emplois directs et indirects liés à ce secteur dépasseraient 123.000. Ce chiffre représente une augmentation de 10% par rapport à 2019 et de 37% depuis 2016, date d’entrée en vigueur de l’accord. Ainsi, défend Bruxelles, l’accord «a soutenu les exportations dans les deux secteurs les plus stratégiques du Sahara Occidental et sa croissance et donc, l’emploi et l’investissement».

Pour toutes ces raisons, la Commission européenne défend que les deux accords commerciaux «se traduisent par des avantages pour le Sahara Occidental et sa population en termes d’exportations, d’activité économique et d’emploi ». Le document souligne également le rôle du gouvernement marocain. «Les plans de développement et d’investissement du Maroc ont joué un rôle important dans le développement du Sahara Occidental», indique la Commission européenne, soulignant des projets tels que le nouveau port de Dakhla, un parc éolien et une usine de dessalement qui «pourraient donner un coup de pouce au développement dans la région».

Un rapport positif qui relate la vérité sur le terrain et qui contrecarre les arguments futiles du Tribunal de l’Union européenne sur lesquels il s’est basé pour prononcer son verdict d’annuler les accords commerciaux Maroc-UE.