Affaire Brahim Ghali: Les ingérences du gouvernement Sanchez dénoncées par le procureur général de Saragosse

Le procureur général de Saragosse sort de son silence et dénonce les tentatives de l’avocate de l’État, qui insiste pour torpiller la procédure et censurer les informations sur l’affaire Brahim Ghali, dans laquelle l’ancienne ministre des Affaires étrangères et son chef de cabinet sont accusés.

Le procureur général de Saragosse, Juan Pablo Fraj, a dénoncé les ingérences du gouvernement Sanchez dans l’enquête judiciaire portant sur la détermination des responsables de l’entrée en Espagne de manière secrète et illégale (avec une fausse identité) du chef des séparatistes, Brahim Ghali. Il a tenu tête au bureau du procureur de l’État et a contesté ses demandes d’arrêt de l’enquête judiciaire impliquant l’ancienne ministre des Affaires étrangères, Arancha Gonzalez Laya, et son chef de cabinet, Camilo Villarino.

Le mémoire publié par le procureur Fraj, auquel le quotidien espagnol ABC a eu accès, le 19 octobre 2021, rejette intégralement l’appel qui a été présenté ces dernières semaines par Maria del Mar Gonzalez Bella, l’avocate de l’État désignée par le gouvernement pour défendre Laya et Villarino. Cette avocate insiste pour torpiller l’enquête judiciaire: elle a demandé au juge, sans succès, de faire tomber la procédure ou, à défaut, d’imposer une caution exorbitante de 150.000 euros.

En outre, elle a exhorté à plusieurs reprises à censurer les informations qui sont publiées sur cette affaire qui compromettent pleinement le gouvernement. Aucune des demandes émanant de la Direction des Services Juridiques de l’Etat n’a eu l’approbation du procureur général Fraj. Celui-ci considère qu’il est absolument nécessaire de poursuivre les investigations, précisant qu’il existe des indices clairs d’un crime, rapporte le quotidien ABC.

Des prétextes futiles
Même son de cloche chez le juge d’instruction, Rafael Lasala, qui a déclaré, le 11 octobre, que le gouvernement tente de faire avorter l’enquête en soulignant avoir les preuves de la participation d’autres personnes dans l’entrée illégale en Espagne, le 18 avril 2021, du chef du Polisario. Ce n’est pas tout. Le ministère de la Justice a dressé un nouvel obstacle devant l’instruction menée par le juge Lasala, en présentant un recours en révision des investigations du juge.

Aussi, lundi 18 octobre, le juge d’instruction n’a pas pu auditionner Isabel Valldecabres, la directrice de cabinet de Carmen Calvo, l’ex-première vice-présidente du gouvernement espagnol, et Susana Crisostomo, la cheffe de cabinet de l’actuel ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska. Des prétextes futiles ont été donnés pour reporter la comparution des deux témoins. Il semble que le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez est vraiment dans de mauvais draps. D’une part, il y a sa crise diplomatique avec le Maroc, qui n’arrange pas ses intérêts stratégiques, et, d’autre part, on trouve une justice espagnole décidée à mettre la lumière sur cette affaire louche.