La malédiction Brahim Ghali hante le gouvernement Espagnol

L'affaire de l'entrée illégale du chef du Polisario en Espagne devant le congrès ibérique

A la suite de la convocation par le tribunal de Saragosse de l’ex-ministre des Affaires étrangères, Arancha Gonzalez Laya, deux partis, le PP et Vox, veulent porter l’affaire devant le Congrès pour savoir qui a autorisé l’entrée du chef des séparatistes en Espagne sous une fausse identité.

L’entrée illégale et sous une fausse identité en Espagne du chef du Polisario, Brahim Ghali, en avril 2021, menace la couronne du gouvernement de Pedro Sanchez. Deux formations politiques veulent porter l’affaire au Congrès, en l’occurrence le Parti populaire (PP) et Vox, qui entendent profiter de la séance de contrôle au gouvernement au Congrès, mercredi 29 septembre 2021, pour exiger des comptes au nouveau ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, rapporte la presse espagnole. L’objectif est de «situer les responsabilités» du séjour «secret» du chef du Polisario en Espagne, lorsqu’il a été admis à l’hôpital de Logrono pour être soigné du Covid-19.

Le groupe du PP au Congrès des députés a même demandé la création d’une commission d’enquête parlementaire le vendredi 24 septembre afin que les responsabilités pénales soient situées, compte tenu du fait que l’hospitalisation de M. Ghali a généré une crise diplomatique avec Maroc, précise la presse espagnole. Cette enquête permettra de déterminer celui «qui a donné l’ordre» d’autoriser l’entrée du leader du Polisario en Espagne.

Les formations politiques estiment que Gonzalez Laya, remplacée en juillet dernier, «n’a pas agi seule» et a reçu des ordres de sa hiérarchie. La malédiction Brahim Ghali continue donc de hanter le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez même après la convocation, le 22 septembre 2021, par le juge du Tribunal d’instruction numéro 7 de Saragosse, Rafael Lasala, de l’ancien ministre des Affaires étrangères, Arancha Gonzalez Laya, afin de clarifier sa participation dans cette affaire.

Une demande qui a été formulée par l’avocat Juan Carlos Navarro, soutenu par l’avocat Antonio Urdiales, qui représente l’accusation populaire dans l’affaire Brahim Ghali. La convocation d’Arancha Gonzalez Laya devant le juge intervient après le témoignage de son ex-chef de cabinet, Camilo Villarino, durant ce mois de septembre.

“Gérer en totale discrétion”
Dans sa déclaration le lundi 13 septembre 2021, ce dernier a dit que la ministre lui avait demandé de «gérer en totale discrétion » l’entrée en Espagne de Brahim Ghali pour que sa présence ne choque pas l’opinion publique, rapporte le quotidien La Vanguardia. Il a ensuite ajouté qu’il s’était conformé aux instructions de Arancha Gonzalez Laya, qui demandait la discrétion absolue sur l’atterrissage, le 18 avril 2021, à la base de Saragosse, de l’avion de la présidence algérienne avec à son bord le chef du Polisario. Mme Laya a été remerciée après l’aggravation de la crise bilatérale entre Rabat et Madrid.

Cette affaire servira de leçon aux futurs gouvernements du voisin du nord pour reconsidérer désormais les relations bilatérales avec le Maroc sur la base du respect mutuel et mettre les intérêts stratégiques communs en tête des priorités.

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