Affaire Brahim Ghali : Le directeur adjoint de la police espagnole appelé à témoigner

Le juge estime que le témoignage du directeur opérationnel adjoint de la police nationale est approprié pour détailler le degré de connaissance que le gouvernement avait sur les “circonstances subjectives particulières” de l’arrivée de Brahim Ghali en Espagne.

Un nouveau rebondissement dans l’enquête judiciaire sur l’entrée illégale et secrète en Espagne de Brahim Ghali en avril 2021. Le président du tribunal d’instruction numéro 7 de Saragosse, Rafael Lasala, a cité à comparaître comme témoin le directeur opérationnel adjoint (DAO) de la police nationale, José Angel Gonzalez Jiménez. Le chef du Groupe d’information générale de la police a, lui aussi, été appelé à comparaître, rapporte le 18 janvier 2022 le média espagnol El Periodico de Aragon. Les audiences auront lieu le 7 février, à 11h30 et 12h15, selon l’ordonnance du juge.

Ces témoignages seront entendus à la demande de l’accusation populaire, ajoute-ton, qui cherche à comprendre si l’arrivée de Brahim Ghali en Espagne pour des soins lui avait été communiquée par le Commissariat aux renseignements généraux. Le juge estime que le témoignage du directeur opérationnel adjoint de la police nationale est approprié pour détailler le degré de connaissance que le gouvernement avait sur les «circonstances subjectives particulières» de l’arrivée de M. Ghali en Espagne, étant donné la «faible contribution» des précédents témoins, qui, pour leur majorité, avaient évoqué un devoir de réserve légale.

Manque de transparence
Cette affaire, qui a remis à la surface une crise diplomatique entre le Maroc et l’Espagne, a été marquée par l’ingérence de l’Exécutif espagnol mené par Pedro Sanchez. Mi-octobre 2021, le procureur général de Saragosse, Juan Pablo Fraj, a dénoncé les ingérences du gouvernement Sanchez dans l’enquête judiciaire portant sur la détermination des responsables de l’entrée de manière secrète et illégale (avec une fausse identité) du chef des séparatistes, Brahim Ghali. Il a tenu tête au bureau du procureur de l’État et a contesté ses demandes d’arrêt de l’enquête judiciaire impliquant l’ancienne ministre des Affaires étrangères Arancha Gonzalez Laya et son chef de cabinet, Camilo Villarino.

Le mémoire publié par le procureur Fraj, auquel le quotidien espagnol ABC a eu accès, rejette intégralement l’appel qui a été présenté ces dernières semaines par Maria del Mar Gonzalez Bella, l’avocate de l’État désignée par le gouvernement pour défendre Mme Laya et M. Villarino. Cette avocate insiste pour torpiller l’enquête judiciaire: elle a demandé au juge, sans succès, de faire tomber la procédure ou, à défaut, d’imposer une caution exorbitante de 150.000 euros. En outre, elle a exhorté à plusieurs reprises à censurer les informations qui sont publiées sur cette affaire qui compromettent pleinement le gouvernement.

Le manque de transparence du gouvernement Sanchez a confirmé son implication directe dans l’organisation de l’entrée de Brahim Ghali en Espagne. Ses tentatives visant à faire tourner la page de cette crise ont été vouées à l’échec jusqu’à présent. C’est ce qui a poussé le Roi Felipe à intervenir personnellement pour la dénouer.