Affaire Brahim Ghali: La classe politique Espagnole monte aussi au créneau

Pour le moins, le gouvernement Pedro Sanchez se trouve isolé suite à sa décision d’admettre le SG du Polisario en Espagne.

La décision du gouvernement Pedro Sanchez d’ouvrir les hôpitaux espagnols au secrétaire général du mouvement séparatiste du Front Polisario, Brahim Ghali, ne fait pas l’unanimité même en Espagne. Le Parti populaire (PP), positionné à droite et actuellement principal parti d’opposition outre-Gibraltar, s’est directement attaqué à l’Exécutif de son pays pour fustiger une attitude qu’il a résumée en un mot: “nulle”.

“Ce n’est plus de la bagarre, c’est une authentique irresponsabilité historique avec des partenaires aussi importants que le Maroc,” s’est élevé, dans une série de questions écrites adressées au niveau du parlement au président du gouvernement espagnol, le président du PP, Pablo Casado. Ce dernier a notamment mis l’accent sur le fait que l’Espagne dépendait du Maroc en termes de politiques de migration, de tourisme et de pêche, et qu’il avait donc tout intérêt à maintenir de bonnes relations avec son voisin.

Et il a plus généralement qualifié la politique étrangère de M. Sanchez de “sombre”. Bien sûr, il y a là aussi un règlement de compte de la part de M. Casado en direction de sa némésis qu’est M. Sanchez, qu’il doit affronter au plus tard en 2023 dans le cadre des élections régionales, équivalentes des législatives au Maroc.

Mais il ne faut pour autant pas oublier que le PP avait effectivement du temps où il était présidé par Mariano Rajoy, qui s’était trouvé de décembre 2011 à juin 2018 à la présidence du gouvernement espagnol, eu une politique plutôt favorable à Rabat, ayant notamment fait qu’aujourd’hui le Royaume a pour principal partenaire économique sa voisine ibérique.

Politiques de migration
M. Casado a, qui plus est, des relations personnelles avec le secrétaire général du Parti de l’Istiqlal (PI), Nizar Baraka, au titre de l’appartenance commune de leurs deux formations à l’Internationale libérale. Le chef du doyen des partis nationaux vient d’ailleurs de prendre la plume, le 10 mai 2021, pour informer par le biais d’une lettre M. Casado qu’à ses yeux l’accueil de M. Ghali par l’Espagne “entache sérieusement le partenariat avec le Maroc”.

“Nous considérons, au Parti de l’Istiqlal, que la décision du gouvernement espagnol d’accueillir le chef du Polisario, qui fait l’objet de plusieurs poursuites en Espagne pour des crimes graves contre l’humanité, tortures, viols, terrorisme, séquestrations et qui, de plus, a déclaré la guerre au Maroc et refuse de respecter l’accord de cessez le feu de 1991 depuis novembre 2020, entache sérieusement la sérénité de cette convergence partenariale que nos deux pays savent tenir en haute estime lorsqu’il le faut,” y souligne M. Baraka.

À signaler aussi l’interview publiée le même jour dans le quotidien El Mundo du ministre de l’Agriculture et président du Rassemblement national des indépendants (RNI), Aziz Akhannouch, mettant en cause “la transparence et la clarté” de vla partie espagnole.