Étude sur le boycott qui a frappé trois marques commerciales en 2018

Zones d’ombre d’un phénomène économique inédit

Personne jusqu’à présent ne connaît les origines du boycott inédit qui a frappé de plein fouet trois grandes marques commerciales : Sidi Ali, Danone et Afriquia. Mais deux chercheurs marocains, Jaouad Bennis et Abdelhadi Samadi, ont tenté au moins d’en analyser les conséquences, à travers une étude récemment rendue publique.

Revenir sur la genèse et les raisons du dernier boycott des trois marques commerciales (Sidi Ali, Danone et Afriquia), qui a eu lieu en avril 2018, n’est pas chose aisée. Lancé d’une manière surprenante, voire arbitraire, sur les réseaux sociaux, ce boycott aux origines encore inconnues a fortement marqué les esprits mais il a surtout infligé aux sociétés concernées des pertes financières considérables.

Baisses importantes de chiffre d’affaires, perte de notoriété, réduction drastique dans les frais de gestion, les sociétés commerciales ont traversé des périodes difficiles jamais vécues auparavant.

Pour analyser ce phénomène commercial inédit qui n’a jamais existé chez nous malgré son apparition il y a de cela de nombreuses années, notamment dans les pays développés, une étude est sortie récemment, réalisée par deux professeurs universitaires, Jaouad Bennis et Abdelhadi Samadi, qui sont respectivement directeur et membre du Laboratoire de recherches en communication, société et organisations au sein de l’université Hassan II de Casablanca.

Ils ont essayé, avec la collaboration d’un comité scientifique élargi, d’étudier les conséquences lourdes d’une initiative qui reste marquée dans les annales économiques du Royaume. Les chercheurs présentent des éléments théoriques susceptibles d’expliquer le processus de boycott jusqu’à savoir son cycle de vie et les parties prenantes de l’organisation.

Communication de crise
L’objectif étant de mettre en place un schéma de compréhension des tenants et aboutissants de toute action de boycott. Comprendre ce dernier comme expression d’un mouvement social spontané, la communication de crise, l’utilisation des réseaux sociaux. Les chercheurs s’attellent à passer en revue les différentes étapes parcourues par le boycott, les trois cibles et leur communication pendant et après.

Les concepteurs de l’étude concluent que les réactions des marques ainsi que les messages de provocation et de démonstration des hommes politiques n’ont fait que raviver la révolte chez la communauté des boycotteurs qui ont cru dans la légitimité de leur action.

Selon les chercheurs, contrairement aux deux autres marques commerciales, seule la marque française, Danone, a témoigné d’une volonté et d’une stratégie sans pareil pour soigner sa réputation et se réconcilier ses clients. Les deux autres marques, à savoir Sidi Ali et Afrique, ont, quant à elles, encore un long chemin à parcourir, notamment en termes de gestion de communication de crise.