Boutaina Karrouri : "Nous demandons la castration chimique pour les pédophiles récidivistes, mais selon des conditions strictes"


Boutaina Karrouri, présidente du Forum Azzahrae


Déjà en vigueur dans plusieurs pays au monde, notamment des États développés, la castration chimique des pédophiles revient au devant de la scène au Maroc. Boutaina Karrouri, présidente du Forum Azzahrae, ONG proche du PJD, nous explique sa position en faveur de cette peine.

Après le jugement “choquant” et “trop indulgent” contre les violeurs d’une fillette à Tiflet, de nombreuses voix s’élèvent pour des peines plus sévères, voire l’instauration de la castration chimique. Qu’en pensez-vous ?
Le Forum Azzahra appelle à adopter la castration chimique comme peine secondaire et non pas principale, contre les individus condamnés par la justice marocaine pour viol sur mineur. Mais la mise en place et l’application de cette peine doit respecter un certain nombre de conditions.

Lesquelles ?
Tout d’abord, il faut garantir de manière totale et stricte le droit de l’accusé à un procès équitable, en prenant en considération notamment les témoins et toutes les preuves à disposition, et ce pour éviter toute éventuelle erreur. Nous estimons également que la castration chimique ne doit être invoquée que dans le cas de récidive. Donc c’est à omettre dans le cas d’une première condamnation. Par ailleurs, cette peine doit s’inscrire dans une approche globale qui inclut également un suivi psychologique du condamné ayant été soumis à la castration chimique, car j’estime qu’une personne saine mentalement ne peut pas commettre un acte aussi odieux que de violer un enfant.

Mais certaines voix estiment que la castration chimique est en opposition avec le respect des droits humains …
La castration chimique est en vigueur dans plusieurs pays dont notamment l’Allemagne, le Danemark, la Norvège ou encore la Russie. Dans le cadre d’un procès, il y a les droits de l’accusé, mais aussi ceux de la victime. Je note que malheureusement, dans l’affaire de fillette violée à Tiflet, la justice a préféré prendre en considération les droits des violeurs.


Où en est votre demande ?
Nous avons déjà déposé la demande de la mise en place de la castration chimique dans le cadre d’un mémorandum que nous avons adressé au gouvernement précédent. Nous nous penchons maintenant sur l’actualisation dudit document afin de le présenter au ministre de la Justice, dans le cadre du chantier de révision du Code pénal.

Vous avez donc d’autres propositions concernant les crimes sexuels commis contre les mineurs ?
Le code pénal contient déjà des peines assez suffisantes dans ce genre d’affaires, au même niveau que dans les autres pays. Le problème peut intervenir lors de l’application, où les magistrats optent parfois pour la peine minimale. Mais en même temps, l’article 146 du Code pénal permet au juge de faire bénéficier l’accusé des circonstances atténuantes.

Nous réclamons que cette disposition ne soit plus applicable dans les affaires où il est question d’agressions sexuelles sur mineurs. Nous pensons aussi qu’il est nécessaire que ce genre de criminels ne puissent plus bénéficier de grâce.

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