Entretien express

Bouchra Baibanou : « Nous voulons changer les mentalités et ouvrir de nouvelles perspectives pour les filles »

Développer les compétences professionnelles et personnelles des filles, c’est l’objectif du projet «Empowerment of Girls», inauguré par Bouchra Baibanou.


Quelle a été votre principale source d’inspiration pour lancer le projet « Empowerment of Girls » et quels objectifs spécifiques visez-vous à atteindre ?

L’idée du projet « Empowerment of Girls » a commencé juste après mon retour de l’Everest en 2018. J’avais initié un bootcamp sous forme de colonie de vacances axée sur le développement des compétences personnelles par le sport.

Cette expérience, limitée à une semaine ou dix jours, m’a incitée à concevoir un programme annuel visant à renforcer la détermination et les compétences transversales des jeunes filles. Nous avons débuté avec une centaine de participantes issues de trois régions depuis le 11 novembre 2023 et cela va durer jusqu’à la mi-septembre 2023. C’est un projet pilote ambitieux que nous envisageons d’étendre à d’autres régions comme le Sahara et l’Oriental. Il est à noter que j’ai pu commencer ce projet grâce à une subvention partielle obtenue d’une association française, le soutien du département de la Communication et un partenariat média avec le quotidien Le Matin, mais nous poursuivons la recherche d’autres partenaires pour atteindre le maximum de filles dans le besoin. Nous avons mis en place un programme dual.

Le premier volet est axé sur le développement de compétences personnelles: leadership, estime de soi, positivité, intelligence émotionnelle et gestion de stress. Le deuxième volet se concentre sur l’orientation scolaire et professionnelle, la préparation de CV, la recherche d’emploi, l’entrepreneuriat et la gestion de projets. Puis vient le sport qui sert d’outil de développement et moyen d’autonomisation. Les participantes ont été choisies grâce à des partenariats avec des organisations comme SOS Village d’enfants, Tibu Africa et l’association Dar Al Amane, en plus de celles sélectionnées par appel à candidature. Nous prévoyons un suivi post-programme avec un système de mentorat par des femmes leaders pour accompagner les filles dans leurs projets futurs.

Comment le sport, et en particulier l’alpinisme, joue-t-il un rôle dans l’autonomisation des jeunes filles au Maroc ?


Notre programme inclut des activités telles que la randonnée et l’escalade, ainsi qu’un défi de taille : l’ascension du Toubkal, le plus haut sommet du Maroc. Ces disciplines sportives sont cruciales pour permettre aux filles de se surpasser, de gagner en confiance, de faire face aux obstacles et d’acquérir un sentiment d’efficacité personnelle.

Quels sont les plus grands obstacles auxquels les filles en milieu rural font face au Maroc et de quelle manière votre projet compte-t-il les aborder ?

Les jeunes filles en milieu rural sont souvent entravées dans leur éducation par des obstacles tels que l’éloignement des lycées, les coutumes traditionnelles de leur région, les problèmes de transport et de sécurité. Notre projet ambitionne de modifier ces mentalités et d’offrir de nouvelles perspectives à ces filles.

Quels sont vos espoirs à long terme pour l’impact de ce projet sur la société marocaine, en particulier en ce qui concerne l’éducation des filles et leur autonomisation ?

Je suis convaincue que l’autonomisation des jeunes filles est essentielle pour leur développement personnel et professionnel. Mon espoir est de contribuer à l’égalité des chances, de promouvoir l’indépendance et l’activité des femmes dans notre société, d’encourager les filles à embrasser des carrières enrichissantes et à devenir entrepreneures et, in fine, de forger des femmes leaders dans tous les secteurs de la société marocaine.

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