Botola : Le scandale Noureddine El Baïdi

Le président du Youssoufia de Berrechid est suspendu pour quatre ans après ses propos sous-entendant le trafic d’un match de son équipe en 2018/2019. Une affaire qui, rappelons-le, n’est pas la première, et sans doute pas la dernière.

Noureddine El Baïdi regrettera sans doute longtemps les propos qui lui sont sortis de la bouche ce 20 mai 2022 sur la pelouse du stade municipal de Berrechid. Apostrophant Abdelilah Amimi, milieu de terrain des FAR de Rabat, alors que ces derniers venaient de se défaire (0-1), en 24ème journée du championnat national de la Botola, du club local du Youssoufia, dont il est le président, il avait affirmé qu’il avait donné au joueur le match où, le 13 mai 2019, il avait marqué un doublé pour le compte du Kawkab de Marrakech, où il évoluait encore et qui avait alors gagné sur le score de 4 buts à un. Le 3 juin 2022, la commission d’éthique de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) a finalement décidé de suspendre pour quatre ans M. El Baïdi tout en lui infligeant une amende de 100.000 dirhams, en dépit du fait que le dirigeant ait avancé que la vidéo le montrant en train de faire ses déclarations avait été “fabriquée”.

Suspensions
Mais il faut dire aussi que M. El Baïdi n’en est pas à son coup d’essai: fin novembre 2018, il avait mis en question la transparence de la Botola en s’attaquant à l’arbitre Taoufik Gourar, qui avait tenu le sifflet lors de la défaite (2-3) du Youssoufia de Berrechid face au Wydad, sans que la FRMF ne prenne de sanctions contre lui alors que deux ans plus tôt et pour des accusations similaires le secrétaire général et porte-parole de l’Ittihad de Tanger, Mohamed Belkhidar, s’était retrouvé pendant un an sur la touche.

Mais quoi qu’il en soit, cette nouvelle affaire n’est sans doute pas pour améliorer la réputation de la Botola, déjà entachée de nombreux scandales au cours de la dernière décennie. Au niveau de la Botola 2, la deuxième division, la FRMF est d’ailleurs en train de regarder de près un dossier que vient de lui remettre l’Ittihad de Casablanca contestant la victoire (2-1) du 22 mai 2022 en 29ème journée de la compétition de l’Union musulmane d’Oujda face au Chabab de Ben Guérir et qui a coûté au club casablancais sa descente (il a terminé avec le même nombre de points que son vis-à-vis oujdi, à savoir 34, mais avec un goal average moins favorable).

Laquelle Union musulmane d’Oujda avait par ailleurs déjà été impliquée dans un autre scandale en 2016/2017 en championnat amateur avec une victoire (2-1) face au Chabab de Mohammédia qui s’était avérée trafiquée et avait valu des suspensions aussi bien à son entraîneur Mohamed Belhiouane (5 ans) que celui du club de la ville des roses, l’ancien gardien de but international Abdellatif Arraki (3 ans), qui en plus avait perdu son travail au sein de la Gendarmerie royale.

D’autres acteurs du football national, à l’instar des anciens entraîneurs du Wydad, Diego Garzitto et Faouzi Benzarti, qui a également entraîné le Raja, ou encore l’ancien défenseur de ce dernier, Elamine Erbaté, ont tous à un moment également porté des accusations sur la probité de la Botola, sans toutefois que des faits viennent les étayer.