L'activité de Bombardier Maroc à Nouaceur cédée à Spirit Aerosystems

Les promesses non tenues de Moulay Hafid Elalamy


Moulay Hafid Elalamy, a rencontré ce lundi 16 décembre Sam Marnick et Scott Mclarty, respectivementvice-président exécutif et vice-président senior de Spirit Aerosystems

C’est acté. Bombardier a annoncé, le 26 octobre 2020, avoir conclu une entente définitive pour la vente au groupe américain Spirit AeroSystems de ses activités liées aux aérostructures et aux services après-vente de Belfast (Royaume-Uni) et de Casablanca, ainsi que les installations de maintenance, de réparation et de remise à neuf d’aérostructures de Dallas, aux États-Unis. Pour un montant de 275 millions de dollars (225 millions de dollars de moins que prévu), l’accord, qui prend effet le 30 octobre 2020, prévoit la prise en charge par Spirit des passifs, évalués à 824 millions de dollars. C’est tout. Aucune allusion aux engagements vis-à-vis du gouvernement marocain!

Du côté du ministère de l’industrie, c’est le silence total. Le 6 mai 2019, à Casablanca, le ministre Moulay Hafid El Alamy avait tenu un point de presse afin d’exposer les raisons du départ du Maroc du constructeur aéronautique canadien Bombardier. Il a affirmé qu’une clause du contrat liant le Maroc à Bombardier stipule que le repreneur devra honorer les engagements sur lesquels le groupe s’est engagé initialement, notamment en matière de création d’emplois, d’investissements… Or, Hugo Brouillard, ancien directeur général de Bombardier Aéronautique au Maroc, l’usine construite à MidParc, à Nouaceur, inaugurée par le Roi Mohammed VI, n’a pas tenu ses promesses de créer 850 emplois directs à l’horizon 2020.

En mai 2019, date de la crise, l’usine n’avait embauché que 400 personnes. Sans compter les licenciements économiques liés à l’arrêt momentané de l’activité de l’usine et à la pandémie. Bombardier cède donc ses activités au Maroc et son usine pour la construction de laquelle il a bénéficié d’avantages fonciers et fiscaux, en contrepartie de promesses de création d’emplois et d’investissements qu’il n’a pas respectées et que le ministre de l’Industrie n’a pas réclamées. Pourquoi donc accorde-t-on donc des facilités et des avantages énormes à des investisseurs étrangers qui ne respectent pas leurs engagements quand on peut accorder la même attention à des jeunes investisseurs locaux?


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