Le blanchiment d’argent s’aggrave au Maroc : Avocats, notaires et adouls, rappelés à l’ordre

Dans une circulaire diffusée lundi 7 février 2022, le ministère de la Justice somme les trois professions libérales, sous peine de fortes amendes, d’augmenter leur coopération avec l’Autorité nationale du renseignement financier, gendarme public chargé de traquer les opérations de blanchiment d’argent.

Malgré toutes les lois et les dispositions légales prises par le gouvernement pour lutter efficacement contre le blanchiment d’argent, le Maroc figure toujours sur la liste grise des pays sous surveillance, établie par le GAFI, autorité mondiale de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Cette figuration est bien évidemment de nature à ternir l’image du Maroc sur le plan international. D’où les efforts inlassables des autorités pour retirer le Royaume de cette liste. Dernière mesure en date: une récente circulaire diffusée par le ministère de la Justice, lundi 7 février 2022, qui appelle trois professions libérales, en l’occurrence les avocats, les notaires et les adouls, à augmenter leur niveau de coopération avec l’Autorité nationale du renseignement financier (ancienne Unité de traitement du renseignement financier). Les trois professions sont ainsi appelées à communiquer à cette instance toute information glanée sur leurs clients sur qui ils entretiennent éventuellement des soupçons quant à l’origine des fonds en jeu.

Un phénomène mondial
Le but pour le ministère de la Justice n’est pas d’exercer une pression judiciaire sur les trois professions libérales mais de les sensibiliser au danger de certaines opérations commerciales, immobilières et autres dont les fonds utilisés pourraient provenir d’activités de blanchiment d’argent. La circulaire prévoit certaines sanctions pécuniaires au cas où il y a manquement à leurs obligations.

Les trois corps de métier encourent, en effet, le risque de payer une lourde amende, estimée à un million de dirhams. Les autorités du pays espèrent ainsi, avec ce nouveau dispositif juridique, enrayer ce phénomène financier qui gangrène fortement l’économie nationale et maintient le Royaume sur la liste des pays soupçonnés de laisser prospérer le blanchiment d’argent. Or, le Royaume ne s’est jamais endormi sur ses lauriers.

Face à un phénomène mondial nourri par des réseaux de trafic international de la drogue et des armes ainsi que le trafic d’êtres humains, les autorités marocaines ont, pendant ces derniers temps, sorti des lois destinées à en limiter l’ampleur et la progression. Le ministère de la Justice, avait, en octobre 2021, appelé à la création d’un registre public tenu dans les tribunaux de commerce où sont inscrits les noms et prénoms des bénéficiaires effectifs des sociétés morales.

Objectif: traquer les opérations financières douteuses dont les termes ne concordent pas avec les lois en vigueur. Beaucoup pensent en revanche que le blanchiment d’argent est un fléau difficile à éradiquer d’autant qu’il est entretenu par un autre phénomène social tout autant nuisible: la corruption.