1.737 cas de blanchiment d’argent enregistrés en 2019

pourquoi la justice ne sévit-elle pas?

L’Unité de traitement du renseignement financier publie chaque année des statistiques sur l’ampleur du blanchiment d’argent et de financement du terrorisme dans le Royaume. Face à une hausse vertigineuse des cas en 2019, le gouvernement demeure totalement impuissant pour combattre le phénomène.

À quoi sert l’Unité de traitement du renseignement financier? Créée en janvier 2009, cette entité administrative, dont le siège social est basé à Rabat, est chargée de recueillir les déclarations de soupçons liées à des cas de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme.

Début janvier 2021, elle a rendu publics les nouveaux chiffres relatifs à ce phénomène gravissime qui plombe l’économie nationale. Ainsi, en 2019, un total de 1.737 déclarations de soupçons portant sur des cas de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, ont été enregistrées, soit une hausse de 60% par rapport à l’année 2018.

Une augmentation importante qui doit normalement faire réagir les pouvoirs publics. Or, on se contente de publier les chiffres mais, malheureusement, ces derniers ne sont pas suivis d’actions judiciaires à l’encontre des responsables de ces cas.

Un phénomène qui s’amplifie
Que fait alors la Primature, dont dépend cette unité purement administrative? Pourquoi la justice n’est-elle pas impliquée dans ce processus pour poursuivre et juger les responsables? Pour beaucoup, il ne suffit pas de publier des rapports, car, de toute évidence, si on prétend vivre dans un Etat de droit, ces rapports doivent être accompagnés par des sanctions et des procès.

Officiellement, du côté de l’Unité du renseignement financier, cette explosion des déclarations de cas est due aux actions de sensibilisation menées auprès des personnes assujetties à travers les conférences et les ateliers de formation organisés par l’UTRF et les autorités de supervision et de contrôle partenaires, ainsi que les réunions bilatérales.

Dans le détail, il y a eu réception de 1.674 déclarations de soupçons liées au blanchiment de capitaux et 63 déclarations de soupçons relatives au financement du terrorisme. Ce qui porte le nombre total de déclarations de soupçons reçues depuis 2009 à plus de 5.000 pour celles liées au blanchiment d’argent et à 165 pour celles liées au financement du terrorisme.

Les déclarations de soupçons, pour une majorité d’entre elles, émanent essentiellement des banques conventionnelles, des banques offshore et des banques participatives. Leur part représente 60,5% de l’ensemble des déclarations de soupçons. Le reste revient aux sociétés de gestion de moyens de paiement et des établissements de paiement.

Toujours est-il que ces chiffres, malgré leur importance et leur utilité, doivent conduire à des actions fortes impliquant la justice pour combattre ce phénomène qui ne cesse de s’amplifier avec toutes les conséquences dramatiques sur l’économie marocaine.