BISSAU OUVRE AUSSI SON CONSULAT AU SAHARA

DIPLOMATIE

La capitale bissau-guinéenne s’apprête bientôt à se doter d’une représentation dans les provinces du Sud et assène ainsi une nouvelle gifle diplomatique à Alger.

Et la moisson continue. Ce 21 octobre 2020, la Guinée-Bissau est devenue le onzième pays africain à se doter d’un consulat au Sahara marocain. Une annonce faite par sa ministre des Affaires étrangères, Suzi Carla Barbosa, qui se trouvait en déplacement au Maroc. La diplomate a excipé, à cette occasion, “de l’excellence des relations d’amitié et de coopération unissant” son pays et le Royaume.

Elle a, par ailleurs, assuré que “le Maroc peut compter sur le soutien du gouvernement bissau-guinéen au sein des instances internationales et africaines, dont la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CÉDEAO)”, en référence sans doute à la demande exprimée en février 2017 par Rabat de rallier cette dernière organisation -projet toutefois qui semble, entretemps, être tombé à l’eau, à cause principalement du lobbying nigérian, Abuja redoutant vraisemblablement que son statut de poids lourd régional soit menacé. La Guinée-Bissau rejoint, ainsi, les Comores, la Gambie, la Guinée, le Gabon, la République centrafricaine et Sao Tomé-et-Principe, la Côte d’Ivoire, le Burundi, Djibouti et le Libéria, qui tous, au cours de cette dernière année, ont également ouvert des consulats au Sahara marocain.

Visées séparatistes
Et, elle aussi donc, a choisi d’asséner une gifle à Alger, qui, en même temps, avait tenté de faire activer ses canaux diplomatiques africains, sans toutefois avoir gain de cause. La capitale algérienne avait même rappelé afin de faire pression sur elle, en février 2017, son ambassadeur en Côte d’Ivoire après que Yamoussoukro avait inauguré un consulat à Laâyoune. Preuve, s’il en fallait encore, de l’isolement où elle se trouve de plus en plus, avec seulement, par ailleurs, l’Afrique du Sud pour soutenir ses visées séparatistes dans le Sahara marocain.

Dans un rare moment de sincérité, l’ancien président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, avait même confié au journaliste palestinien Abdel Bari Atwan, qui l’avait interviewé pour le compte du média électronique Rai Al-Youm en avril 2019, que “l’Occident, les Etats-Unis et l’Europe ne veulent pas de l’établissement d’un Etat séparant la Mauritanie et le Maroc géographiquement”. Mais c’est surtout que le Maroc jouit d’un respect qui, davantage aujourd’hui, le prémunit des tentatives d’atteinte à son intégrité territoriale. Ce qu’illustrent, justement, les relations avec la Guinée-Bissau, un pays où le roi Mohammed VI s’était personnellement rendu en mai 2015 et qui a été, en juin dernier, un des bénéficiaires des dons accordés à quinze pays africains au total pour les aider à faire face à la pandémie de Covid-19.

Les accords signés par Mme Barbosa au cours de sa visite au Maroc devraient, dans ce sens, renforcer davantage des liens que le président bissau-guinéen, Umaro Sissoco Embaló, avait qualifiés, dans une lettre publié dans la presse pour remercier le Royaume des dons reçus par son pays, de "solides"


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