Bilan glorieux du Maroc au Mondial 2022 : Avec nos valeurs


 

L’épopée qatarie des Lions de l’Atlas, ce n’est pas seulement un simple exploit sportif d’ores et déjà assuré de rester dans les annales du sport.

“Hautes valeurs de sportivité”, “talent exemplaire”. C’est avec ces mots que ce mercredi 14 décembre 2022 le roi Mohammed VI a caractérisé la sélection nationale de football quelques minutes après son élimination en demi-finale de la Coupe du monde face à la France. Dans des entretiens téléphoniques qu’il a eus avec l’entraîneur, Walid Regragui, et le capitaine, Roman Saïss, le Souverain a tenu, de la sorte, à rendre hommage à une équipe qui a séduit jusqu’aux quatre coins de la planète et donné un coup de projecteur inespéré au Maroc. 

Même dans les recoins les plus reculés de notre globe et pour peu qu’on s’intéresse à la chose footballistique, l’on n’a sans doute pas manqué de se familiariser davantage avec le Royaume et, pour les néophytes, de chercher à s’en faire une première idée. Rien de bien nouveau sous le soleil: même les non-initiés ne connaissent que trop bien le “soft power” dont peut généralement se prévaloir le sport. 

Dans un discours qu’il avait donné en juillet 1997 à l’occasion de la fête de la jeunesse, le roi Hassan II soulignait par exemple ceci au sujet du sacre des athlètes Saïd Aouita et Nawal El Moutawakel aux Jeux olympiques d’été de 1984: “Lorsque pour la première fois lors des Jeux olympiques, le drapeau marocain a été hissé grâce à Aouita et Nawal, beaucoup de spectateurs se sont demandés qui est ce Morocco? Ils ne le connaissaient pas. Ceux qui se sont posé cette question ont par la suite connu ce Morocco davantage par Aouita et Nawal que par son Roi”. 

Mais c’est une chose que votre nom se retrouve sur toutes les lèvres; c’en est une autre que l’on vous découvre sous votre jour le plus exact: ce dont les spectateurs et téléspectateurs du monde entier ont pu être témoins tout au long de l’épopée qatarie des Lions de l’Atlas, ce n’est pas seulement un simple exploit sportif d’ores et déjà assuré de rester dans les annales du sport, mais également l’étalage d’un certain nombre de valeurs que nous Marocains, musulmans comme juifs, faisons nôtres depuis que notre civilisation a vu le jour. 

Ébaubis, les commentateurs l’ont, ainsi, d’abord été par le sens du sacrifice de nos joueurs, qui en dépit des blessures que la plupart d’entre eux traînaient et qui pourraient même à l’avenir menacer la suite de leurs carrières -en dehors du gardien Yassine Bounou, du milieu Azzedine Ounahi et de l’attaquant Youssef En-Nesyri, tous les titulaires ont joué amoindris- se sont donnés jusqu’aux derniers retranchements de leurs capacités physiques, faisant en même temps montre sur le terrain d’une solidarité à toute épreuve qui a notamment fait dire au Roi dans son échange avec M. Regragui que leur groupe a été “si compact et si combatif”. 

Bien évidemment, le mérite en revient en grande partie au sélectionneur lui-même, d’autant plus éligible à notre admiration qu’il a en tout et pour tout eu douze semaines pile-poil pour mener sa mission -depuis le légendaire entraîneur portugais Otto Gloria en 1966, jamais un technicien n’était parvenu à aller aussi loin en aussi peu de temps. Mais en lui-même comme dans les rangs de ses poulains, M. Regragui a sans nul doute pu trouver un terreau favorable en l’espèce d’un haut sens patriotique tout-à-fait typique: les spécialistes du monde berbère, à l’instar du défunt historien français Gabriel Camps, ne sont, à cet égard, pas sans avoir tôt relevé l’“irréductible et vibrante identité” et la “conception exigeante de l’honneur” qui, depuis des millénaires, fait la particularité de nos sociétés maghrébines et plus encore celle du Maroc; comme quoi il y a bien loin d’une anomalie anecdotique dans le fait que notre pays ait pu au cours de la majorité de son histoire se prémunir des invasions étrangères. Et ce n’est pas tout. Une des images qu’on a également régulièrement pu admirer à la fin des matches est celle de la communion des joueurs et de M. Regragui lui-même avec leurs familles et notamment leurs mères, qui se sont trouvées au Qatar au frais de la Fédération royale marocaine de football (FRMF). 

L’œil étranger non-averti pourrait y voir une vague curiosité pittoresque, mais au Maroc nous savons qu’il n’en est rien et qu’il s’agit, en l’occurrence, de la manifestation d’un élément central de notre culture, à savoir la “rdate l’walidine”, la bénédiction des parents, sans quoi l’individu ne peut aucunement réussir. Ce qui en lui-même illustre l’attachement que nous continuons d’avoir à nos familles, à l’heure où le néolibéralisme essaie, partout dans la planète, de réduire tout un chacun à un simple statut d’individu sans ancrage autre que celui de son désir de consommer. 

Et on pourrait sans doute encore s’étaler sur la “niya”, la fameuse bonne foi marocaine portée en tant que mantra par M. Regragui. Même si nous n’avons pas pu aller encore plus avant et concrétiser le rêve de tout le monde arabe et de l’Afrique, on peut ceci dit bien se féliciter d’être finalement tombés en étant jusqu’au bout fidèles à nous-mêmes et en en donnant pleinement l’image à autrui. Personne ne pourra maintenant dire qu’il ne sait plus qui est Morocco

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