Bilan de l'éducation nationale pour la période 2017/2021

Des chiffres et des défis

Le ministère a lancé des chantiers et a misé sur la rationalisation des moyens humains et matériels. Mais beaucoup reste à faire.

En attendant la rentrée scolaire et universitaire, le ministère de l’Education nationale et de l’enseignement supérieur a dressé le bilan de la période 2017/2021. Une période durant laquelle des chantiers ont été lancés et finalisés, d’autres en cours de l’être. Certes, le département de l’enseignement est une grosse machine, difficile à réformer. D’où le grand défi à relever par le futur ministre, qui aura à mener à terme les diverses réformes entamées et accélérer la mise en place d’autres projets.

Dans le bilan de la période 2017/2021, au cours de laquelle Saaid Amzazi était le ministre en charge à la fois de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la formation professionnelle, il en ressort qu’en bas de la pyramide, à savoir l’enseignement préscolaire pour les enfants de 4 à 5 ans, le taux de scolarité est passé de 45,3% durant l’année scolaire 2016-2017 à 72,5% en 2020-2021. Ce taux atteint 66,3% dans le monde rural durant l’année scolaire 2020-2021, contre 41,6% quatre ans auparavant. Les filles sont bien représentées avec un effectif qui s’élève à 70,7% actuellement après avoir enregistré une quote-part de 33,1% seulement durant l’année scolaire 2017-2018.

Viennent ensuite les chiffres consacrés à l’école publique. Ainsi, le nombre des élèves qui y sont scolarisés atteint près de 6,5 millions d’enfants en 2020-2021, contre environ 5,9 millions durant l’année scolaire 2016-2017. Ces chiffres masquent-ils une réalité pas très reluisante? A savoir les conditions d’apprentissage des élèves. Et là viennent à l’esprit les images de classes bondées que les réseaux sociaux ont relayées ces dernières années ou encore celles des classes sans enseignants des semaines durant. Deux problèmes majeurs donc que sont l’encombrement des classes et l’insuffisance du personnel enseignant.

Rationalisation des moyens
Pour faire face à ces deux problèmes, le ministère dit miser sur 30 élèves maximum par classe en 1ère et 2ème années du primaire et 36 élèves maximum par classe pour les 4 autres niveaux du primaire et pour le secondaire collégial et qualifiant. Ainsi, à titre d’exemple, le taux des classes plafonnées à 30 élèves est de 64,4% pour la première année du primaire en 2020-2021, contre 42,2% durant l’année scolaire 2016-2017, peut-on lire dans le bilan du département. Lequel document parle également de 13.594 classes supplémentaires mises en place entre 2017 et 2020. Ce qui porte le nombre de ces classes à 50.892 durant l’année scolaire 2020-2021.

Quant au manque d’enseignants, le ministère relève avoir formé en moyenne 16.000 éducateurs durant ces trois dernières années (2018 -2020). Avec le concours de l’Unicef, 19.421 éducatrices et éducateurs ont bénéficié d’une formation continue durant l’année 2020-2021, contre 14.229 en 2018-2019. Le ministère a lancé des chantiers et a misé sur la rationalisation des moyens humains et matériels.

Mais la situation de notre système d’éducation nationale n’est pas pour autant satisfaisante. Des problèmes comme ceux des enseignants contractuels, hérités du gouvernement Benkirane doivent trouver leur solution dans les plus brefs délais pour ne pas perturber la rentrée du 1er octobre. Des défis que le futur gouvernement doit prendre au sérieux et mettre les moyens pour les relever.