Bilal Marmid, journaliste critique du cinéma : "Il faut ouvrir la porte aux jeunes talents du cinéma"


La victoire d’Asmae El Moudir au dernier Festival international du film de Marrakech (FIFM), une première pour le cinéma marocain, n’est pas selon vous un peu tardive?
Pas vraiment. On voit là plutôt l’aboutissement d’un travail de fond mené par une nouvelle génération de cinéastes marocains. Ces artistes ont transformé les défis en opportunités pour affiner leur art, patiemment et dans l’ombre. Ils sont bien formés et ont travaillé sérieusement sur leurs capacités artistiques… Le travail acharné d’Asmae El Moudir sur son film pendant dix ans, avec des ressources limitées, témoigne de cette détermination.

La présence remarquée du film à Cannes, aux côtés de celui de Kamal Lazraq, illustre aussi ce succès. Ces réalisateurs ont déjà gagné plus de vingt prix, prouvant leur talent. Cependant, un défi majeur reste: le Maroc doit apprendre à repérer et soutenir ces talents avant qu’ils ne soient reconnus à l’international.


Comment évaluez-vous l’évolution du cinéma marocain au cours des dernières années?
Ces dernières années, le cinéma marocain a vu émerger une nouvelle génération de cinéastes, qui apportent des perspectives fraîches et innovantes. Ces nouveaux talents, comme Asmae El Moudir et Kamal Lazraq, ont réalisé des films qui se distinguent tant sur le plan artistique que narratif. Cependant, il est encore trop tôt pour juger l’impact global de ces évolutions sur l’ensemble de l’industrie cinématographique marocaine. Il est important de surveiller si cette tendance se confirme ou si elle résulte d’efforts individuels. Le respect et l’admiration que ces oeuvres suscitent sont indéniables, mais l’avenir nous dira si cette tendance est durable.

Vous avez fait mention tout à l’heure de la question du soutien à nos cinéastes. Comment ce soutien doit, d’après vous, exactement se traduire?
Le principal défi pour les cinéastes marocains aujourd’hui est le financement de leurs projets. Le système actuel n’est pas bien adapté aux besoins des jeunes réalisateurs. Pour favoriser l’émergence de nouveaux talents, il est crucial de réviser les méthodes de financement.

La reconnaissance internationale de films comme “La Mère de tous les mensonges” ouvre des portes et montre l’importance de soutenir les jeunes talents. Cette reconnaissance pourrait encourager l’industrie cinématographique marocaine à investir davantage dans la nouvelle génération de créateurs, en leur fournissant les ressources et le soutien nécessaires pour concrétiser leurs visions artistiques.

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