Bienvenue au monde de la récession

LE HCP PUBLIE LES COMPTES DE LA CONJONCTURE ÉCONOMIQUE

Tout au long du deuxième trimestre 2020, les activités non agricoles n’ont fait que reculer (-15,5%) et celles du secteur agricole de dégringoler (-6,9%). La récession économique s’installe pour de bon.

L’économie nationale a pris un sérieux coup au cours du deuxième trimestre 2020. Parole de Ahmed Lahlimi. C’est que la période étudiée par le HCP, l’organisme qu’il dirige, est plus que jamais marquée par le confinement général de la population et l’arrêt de la majorité des activités économiques. La sécheresse en plus. Secteur par secteur, le HCP se mit, alors, à dévoiler l’ampleur de l’effondrement économique par ces temps de coronavirus. Chiffres à l’appui.

En commençant par le secteur primaire, dont la valeur ajoutée en volume, a enregistré une baisse de 6,3% au cours du deuxième trimestre 2020 (contre moins de 4,9% durant la même période en 2019). Evolution qui s’explique par la baisse de l’activité agricole de 6,9% au lieu de moins 6% l’année précédente. Baisse très faiblement compensée par l’augmentation de l’activité de la pêche de 0,7%.

Taux d’accroissement
Quant à la valeur ajoutée du secteur secondaire, elle a connu une forte baisse (en volume) de son taux d’accroissement, passant de 3,8% en 2019 à moins 17,3% au cours du deuxième trimestre de l’année. Ainsi, à l’exception de l’activité de l’industrie d’extraction, qui a affiché une croissance de 7,9%, les autres composantes du secteur ont dégagé des croissances négatives: moins 22% pour les industries de transformation; moins 17,1% pour le bâtiment et travaux publics et moins 12,3 pour l’électricité et eau.

Côté secteur tertiaire, la tendance ne pouvait pas échapper à la baisse. En effet, la valeur ajoutée du secteur a enregistré un repli, passant d’un accroissement de 3,6% le même trimestre de l’année précédente, à un recul de moins 14,9% au deuxième trimestre 2020. Ceci n’est que le résultat de l’effet conjugué de la baisse des valeurs ajoutées respectivement des hôtels et restaurants (-90%), des transports (-55,7%), du commerce (-26,5%), des services rendus aux ménages et aux entreprises (-14,4%) et des postes et télécommunications (-1,7%). Baisse peu compensée par la hausse des valeurs ajoutées des services rendus par l’Administration publique générale et la sécurité sociale (5,1%), l’éducation, la santé et l’action sociale(4,9%) et des services financiers et assurances (3,3%).

Au total, la valeur ajoutée des activités non agricoles a connu, selon le HCP, «une forte baisse de -15,5% au deuxième trimestre 2020 au lieu d’une hausse de 3,7% la même période de l’année passée». Résultat: le PIB (en prix courants) a connu un net recul de moins 15,6% au lieu d’une hausse de 4,2% une année auparavant. Cette baisse récessive de l’offre productive a été d’autant plus dommageable qu’elle se trouve associée à une contraction aussi bien de la demande intérieure de 13,2% que de la demande extérieure de 32,9%, et ce, dans un contexte de baisse du niveau général des prix de -0,7% au lieu de 1,8% une année auparavant. Bienvenue, alors, au monde de la récession.


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