BIDEN, NATANYAHOU ET JÉSUS

LE PRÉSIDENT AMÉRICAIN, S’IL VEUT VRAIMENT EMPÊCHER LA FAMINE DE DÉCIMER LES PALESTINIENS DEVRA AGIR RAPIDEMENT POUR LA PRÉVENIR.

Selon un extrait audio des remarques du président Biden publié vendredi sur les réseaux, celui-ci a déclaré jeudi que lui et le premier ministre israélien Benjamin se dirigeaient vers une « réunion de rapprochement avec Jésus » sur la crise humanitaire à Gaza. Ce commentaire du président américains met en lumière le niveau de tension entre lui et Netanyahou alors que le nombre de morts de civil à Gaza par balle et par famine est en croissance exponentielle.

Il met aussi en exergue l’incapacité de Biden à accommoder un accord de cessez-le-feu face à la détermination génocidaire de Netanyahou. Pour se donner bonne conscience à prix bradé et se racheter auprès des électeurs arabo-américains, le président américain a annoncé l’ouverture prochaine d’un corridor maritime pour acheminer de l’aide humanitaire à une population palestinienne que l’Occident a aidé, financièrement et militairement, à affamer et à parquer dans un enclos exiguë ou les snipers de Tsahal peuvent, au gré du moment, tuer enfants, femmes et civiles gazaouis sans avoir à rendre compte.

Le porte-parole du Pentagone Pat Ryder, a déclaré vendredi que la solution envisagée par les États-Unis allait pouvoir livrer jusqu’à deux millions de repas par jour aux 2,3 millions de gazaouis encore en vie. Il a précisé par la suite que les délais logistiques pour l’implémentation de cette solution demandaient 30 à 60 jours de préparation, soit deux mois de famine supplémentaires pour les gazaouis. Personne ne sait comment ni de quelle manière cette famine à venir sera prévenue. D’ici là, des centaines de palestiniens seront morts de faim ou de balles génocidaires.

Des hauts responsables de l’ONU ont averti le Conseil « que si la famine s’installe, le nombre de Gazaouis qui mourraient de faim ou de maladie pourrait dépasser le nombre faramineux de morts civiles dans la guerre Israël- Hamas ». En bons suiveurs, juste une journée après que le président Biden dans son souci de rachat électoral, ait annoncé son intention de livrer une aide humanitaire maritime à la bande de Gaza, les dirigeants européens, ont annoncé vendredi, qu’ils achemineraient également de l’aide par bateau le week-end dernier. Pour la communication enrobée d’usage, et surtout pour appuyer sa réélection, Ursula Von der Leyen, présidente et candidate à une nouvelle présidence de la Commission Européenne s’est dite très heureuse de voir une première opération pilote lancée à partir de Chypre le 8 mars.

Bien entendu elle n’a rien précisé sur l’arrivée de cette aide ni comment elle va être distribuée. La seule certitude, c’est qu’elle va être interceptée par les unités israéliennes pour le plus grand et le strict contrôle du nombre de calories autorisées par palestinien. Ces pays européens fournissent également à Israël les armes, munitions et appuis politiques pour entreprendre ses actions criminelles. Espagne et Norvège exclues, ils ont participé aussi à l’extermination par la faim en arrêtant la contribution financière à l’Agence de l’ONU pour réfugiés palestiniens (UNRWA) après qu’Israël ait accusé certains de ses employés d’être impliqués dans l’attaque du Hamas du 7 octobre.

Le président américain, s’il veut vraiment empêcher la famine de décimer les palestiniens devra agir rapidement pour la prévenir. Non pas en ouvrant inchallah un corridor maritime de livraison de l’aide. Non pas en larguant des colis par avion, mais en activant un levier américain significatif comme celui de la suspension des ventes d’armes si le gouvernement israélien persiste dans ses crimes. Catastrophe humanitaire, une famine à Gaza représente un échec géopolitique des USA et de toutes les démocraties du monde.

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