Berlin II fait pschitt d’emblée

EFFORTS ALLEMANDS EN LIBYE

Malgré l’invitation officielle qui lui a été adressée, le Maroc n’a finalement pas pris part à la conférence organisée, à partir du 23 juin 2021, par l’Allemagne sur la Libye. Bien lui en a pris.

Avant même d’avoir commencé, la conférence que vient de consacrer pour la deuxième année consécutive ce 23 juin 2021 l’Allemagne à la Libye dans sa capitale, Berlin, avait déjà tourné en eau de boudin. Certes, la plupart des pays invités y ont fait acte de présence, mais pas la Chine et la Russie, qui ont dépêché de simples représentants, et non leurs ministres des Affaires étrangères, comme l’espérait ouvertement la diplomatie allemande.

Et encore moins le Maroc, qui n’avait pas été convié à la première conférence de janvier 2020 et avait bien fait savoir à l’époque son courroux contre son exclusion -il avait alors fait part de “son profond étonnement” et taxé l’Allemagne de chercher à “transformer” la crise libyenne “en instrument de promotion de ses intérêts nationaux”.

S’étant cette fois vu remettre Discours teinté d’extrémisme une invitation officielle, surtout qu’il avait de nouveau tenu rigueur le 6 mai 2021 à Berlin, au moment d’en rappeler son ambassadrice, Zohour Alaoui, pour sa “tentative [de l’]écarter (...) des réunions régionales sur la Libye”, le Royaume a finalement choisi de continuer de bouder la capitale allemande.

Discours teinté d’extrémisme
Comme pour dire qu’il en faudra plus que les usages protocolaires pour aplanir les choses au niveau bilatéral. Et ce d’autant plus qu’en dehors de la question libyenne, il est reproché à la partie allemande son activisme en faveur de la séparation de la région du Sahara, puisqu’en décembre 2020 on l’avait vu réunir le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU), dans la foulée de la décision du 10 décembre 2020 du président américain Donald Trump de reconnaître la souveraineté du Maroc sur ses provinces sahariennes, pour soi-disant réagir.

En outre, chacun sait la protection dont l’Allemagne entoure le jihadiste maroco-allemand Mohamed Hajib, en dépit de son discours qui continue d’être teinté d’extrémisme, en sus de lui faire part des informations reçues à son encontre de la part des services de renseignements marocains.

Sur la Libye en particulier, le Maroc semble préférer poursuivre son engagement de “facilitateur” du dialogue entre les différents belligérants, comme il le fait depuis le milieu des années 2010 avec essentiellement l’accord de Skhirat du 17 décembre 2015, sans avoir à recourir à des parties “loin de la région et des complexités de la crise”, comme le Royaume avait qualifié l’Allemagne au moment de Berlin.

La ministre des Affaires étrangères libyenne, Najla Mangoush, vient ainsi de se réunir le 11 juin 2021 à Rabat avec son homologue marocain, Nasser Bourita, et a, à cette occasion, formellement remercié au nom de son pays le Maroc pour son implication positive dans le conflit afférent. “Notre seul intérêt, c’est la paix et la concorde,” avait, pour sa part, souligné M. Bourita. L’Allemagne peut-elle (vraiment) en dire autant?.