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BENKIRANE, LE RETOUR

L’ancien Chef du gouvernement recolle les morceaux avec ses “frères” du PJD

Pour les beaux yeux de MM. Chikhi et Taoufik, et non bien sûr parce qu’il se voit toujours un avenir politique, pourquoi pas au moins retrouver les siens?

Merci, Abderrahim Chikhi et Azzedine Taoufik de ne pas nous laisser privés du cirque Abdelilah Benkirane, nous qui commencions à nous sentir démunis depuis l’annonce par le concerné du gel de son adhésion au Parti de la justice et du développement (PJD). Au départ, nous n’en avons pas cru nos yeux, car cette fois l’ancien Chef du gouvernement n’a pas pris soin de mettre son numéro de carte d’identité dans la lettre manuscrite où il a révélé que vous lui aviez demandé de revenir sur sa décision de couper ses relations avec notamment son successeur à la primature et à la tête de la formation islamiste, Saâd Eddine El Othmani, suite à la décision du 11 mars 2021 de l’Exécutif d’adopter le projet de loi portant usage légal du cannabis. Mais vérification faite, l’ordonnance -le parallèle n’est bien sûr pas innocent de notre part- s’avère bien la sienne.

On peut imaginer la scène: M. Benkirane recevant au milieu de son salon; salon lui ayant coûté son salaire de deuxième homme dans la hiérarchie de l’État -il s’en était plaint au cours de la campagne pour les législatives du 7 octobre 2016- MM. Chikhi et Taoufik, deux figures de l’islamisme marocain qu’il connaît de par leur appartenance au Mouvement unicité et réforme (MUR), le bras prosélyte du PJD.

L’homme est peut-être encore assis, comme dans ses vidéos sur les réseaux sociaux, juste à côté du portrait où on peut le voir en compagnie de feu Abdellah Baha, son ancien ministre d’État décédé dans un tragique accident de train dans la ville de Bouznika en décembre 2014; peut-être aussi en main son sempiternel chapelet, ou peutêtre pas car pourquoi s’encombrer quand il n’y pas de caméras et qu’il faut surtout avoir les doigts libres pour signer les lettres de démission et de réadmission? Et, assurément, il fallait faire sans les fameuses pâtisseries de Mme Benkirane, regrettées par un éditorialiste de la place au moment où M. Benkirane se voyait retirer, en mars 2017, la mission de former un nouveau cabinet, car pas évident de les manger tout en gardant son masque -d’autant plus que l’on sait maintenant grâce à son numéro de carte d’identité que M. Benkirane n’est pas encore vacciné.

C’est difficilement d’ailleurs que celui qui déclarait en juin 2020 au journal électronique qatari Arabi21 qu’il refuse d’“être considéré comme mort avant de mourir” parvient sans doute à déceler derrière les tissus qu’ils ont sur la bouche les mots prononcés par MM. Chikhi et Taoufik. Quoi? On se les gèle aux Orangers -le quartier où les Benkirane vivent dans la ville de Rabat? Ah non, le gel de son adhésion les a dérangés? C’était justement l’objectif, doit-il répondre, car il ne reconnaît plus son parti où les réunions du secrétariat général sont devenues aussi irrespirables que la vallée du Bouregreg quand le conseil PJD de la ville de Rabat laisse pendant des années une décharge déverser toutes ses toxicités dans l’oued éponyme -cette image poétique est à mettre au crédit de l’auteur de ces lignes, mais ne sous-estimons pas non plus le talent littéraire de M. Benkirane. Non, sans jeu de mots, il ne kiffait plus la situation.

Mais pour les beaux yeux de MM. Chikhi et Taoufik, et non bien sûr parce qu’il se voit toujours un avenir politique, pourquoi pas au moins retrouver les siens? Et ainsi les Marocains vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants...