Benacer Boulaajoul, envers et contre tout

Principal architecte de la nouvelle réforme du permis de conduire au Maroc, Benacer Boulaajoul continue d’affronter le lobby des autoécoles pour mettre en place sa réforme. Mais cet expert international en sécurité routière veut aller jusqu’au bout de son projet.


La polémique sur la réforme du permis de conduire ne s’est pas encore éteinte. Et ce malgré les chiffres rassurants diffusés par l’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA) sur le taux de réussite à l’épreuve théorique pour l’obtention du permis de conduire.

En effet, après le naufrage du lundi 25 mars 2024 qui a vu plus de 90% des candidats recalés suite à la mise en place de la nouvelle banque de questions, la NARSA affirme que les taux de réussite à l’examen théorique ont augmenté significativement dix jours après l’entrée en vigueur de la réforme.

Selon les données rendues publiques, il existe une corrélation entre le nombre d’heures de formation sur la plateforme «Perminou» et le taux de réussite, qui a avoisiné le double chez les candidats ayant passé pas moins de 20 heures de formation par rapport au reste.

Pour Benacer Boulaajoul, directeur général de la NARSA, «ces données mettent en évidence l’adhésion positive des professionnels des établissements d’enseignement de conduite, principal partenaire de cet important chantier de réforme». Si cet expert international en sécurité routière semble armé de bonne volonté pour moderniser la formation de la conduite dans notre pays, il se retrouve néanmoins contrarié par la résistance manifestée par le lobby des auto-écoles, qui exprime leur colère face aux décisions de la NARSA.

Élever le standard
Dénonçant un questionnaire difficile et une procédure complexe, les auto-écoles appellent à renforcer la coordination et la communication interactive avec la NARSA. Une critique rejetée par le patron de l’Agence, qui affirme avoir toujours adopté une démarche de concertation avec les professionnels.

Pour ce natif de Rabat en 1967, lauréat de (INSEA) et détenteur d’un master en management de la sécurité à l’Institut national suédois de recherche sur les routes et les transports à Stockholm, «ce nouveau système vise à renforcer la crédibilité du permis de conduire marocain et à élever le standard des compétences des conducteurs».

Bien qu’il soit reconnu sur le plan international, le permis de conduire marocain semble actuellement montrer ses limites avec les dysfonctionnements qui émaillent son processus d’attribution et la multiplication des fraudes au niveau de l’épreuve théorique. D’où la nouvelle réforme qui vise à durcir les conditions d’octroi pour une meilleure professionnalisation des dispositifs théoriques et techniques.

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