Benabdallah en position d'attaque

CRISE ENTRE LE PJD ET LE PPS

Le Parti du progrès et du socialisme ne semble plus goûter l’ambiguïté de son allié du Parti de la justice et du développement.

Rupture consommée entre le Parti de la justice et du développement (PJD) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS)? C’est ce qu’on peut croire au vu des échanges d’amabilités entre les responsables des deux partis depuis plusieurs semaines. Et à ce jeu, c’est le secrétaire général du PPS, Mohamed Nabil Benabdallah, qui s’est montré le plus offensif, puisqu’il multiplie dans les médias nationaux les sorties à l’égard de son allié islamiste.

C’est ainsi qu’invité sur le plateau de Confidences de presse, émission de débat sur la chaîne 2M, le 27 avril 2019, le leader socialiste a mis en doute la continuité de l’actuel gouvernement, mené par le secrétaire général du PJD, Saâd Eddine El Othmani. Ce dernier, selon le bruit qui court, n’aurait que peu goûté ces prédictions et lui-même se serait fendu, en aparté, de déclarations à l’avenant à l’endroit de M. Benabdallah et des siens. Mais il faut dire qu’il est coutumier du fait, puisque saisissant l’occasion du limogeage du PPS El Houssaine Louardi, en octobre 2017, de son poste de ministre de la Santé en raison de ses manquements dans la mise en application du programme de développement spatial de la province d’Al Hoceima, il l’avait qualifié, lors d’une réunion de son parti, de «pire ministre de l’histoire du Maroc».

Moins d’un mois plus tard, ce sera au tour du ministre d’Etat PJD chargé des Droits de l’Homme, Mustapha Ramid, de déclarer le parti du livre comme fini, en raison justement des débarquements de ses ministres, y compris M. Benabdallah, qui s’occupait jusqu’alors du département de l’Aménagement du territoire national. A vrai dire, le PPS semble payer son discours eu égard à ce qu’il avait qualifié de «mainmise sur le jeu politique», ou tahakkom en arabe, qui a valu à son secrétaire général un recadrage du propre Cabinet royal en octobre 2016, en ce sens que cela portait «atteinte à la réputation de la patrie et à la crédibilité des institutions».

Déclarations à l’avenant
Il est, par conséquent, devenu une sorte de paria dont le PJD semble vouloir se défaire coûte que coûte, de sorte à ne pas miner ses propres chances de remporter pour la troisième fois consécutive le prochain scrutin législatif, prévu en 2021. Ainsi, M. El Othmani ne s’y était pas pris à deux fois pour que Charafat Afailal, secrétaire d’Etat PPS chargée de l’Eau, soit remerciée le 20 août 2018. Les camarades de M. Benabdallah avaient alors dénoncé, dans un communiqué, la «manière» et la «méthode» de procéder du Chef du gouvernement.

Dernièrement, le PJD a fait en sorte que le PPS ne prenne pas les commandes de la commission de contrôle des finances publiques à la Chambre des représentants, contrairement à un marché passé auparavant. Que le gouvernement de M. El Othmani poursuive son oeuvre ou pas, les cartes devraient, selon toute vraisemblance, être rebattues au cours des mois à venir...


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