MON BEAU MAROC, QUE JE NE PEUX VISITER !

Promotion du tourisme interne

On peut bien dépenser des millions de dirhams pour vanter les atouts touristiques de notre pays, mais, face à un gouvernement déboussolé qui ne fait que gérer les affaires courantes, ça ne sera que cause perdue

Notre Maroc est un pays riche, un beau pays. Un pays au carrefour de cultures et influences diverses. Ses oasis, médersas, kasbahs, médinas, mosquées, synagogues et églises, ses plages paradisiaques, ses habitants, leur bonté et légendaire hospitalité, et son arrière-pays, sa culture ancestrale, sa dynastie alaouite et son capital immatériel. Le Maroc est beau de par ses paysages.

Vous pouvez admirer les levers et couchers de soleil à Merzouga, arrêter le temps à la dune blanche à Dakhla, une péninsule où flamands roses, dauphins et espèces rares se côtoient majestueusement, déambuler et se perdre dans l’immensité de la médina de Fès, la plus grande du monde, ou voyager dans le temps contemplant les vestiges de Volubilis, la grotte d’Hercule, et le Ksar Aït Benhaddou à Ouarzazate, et se reposer à l’oasis de Tinghir, au milieu des plus belles palmeraies de la région, et ses maisons traditionnelles témoignant encore d’une époque de cohabitation judéo-musulmane inspirante et exceptionnelle.

Le Maroc, cette palette de couleurs, turquoise comme le lac Ifni ou la Paradise Valley, bleue à la Chefchaouen ou la blancheur d’Asilah qui se mélange parfaitement à l’ocre de Marrakech, ses calèches, ses riads mystérieux et la bonne humeur de ses gens.

Le Maroc est un pays riche, un pays beau, un pays infiniment surprenant, que l’on ne s’ennuie pas de découvrir à chaque fois. Un pays qui dispose d’énormément d’atouts, mais malheureusement peu connus de ses propres habitants. Est-ce leur de faute? pas seulement. On les comprend. Lorsqu’un séjour en Turquie ou en Espagne s’avère beaucoup moins cher qu’au Maroc et en plus d’une meilleure qualité, le choix est vite fait. Lorsqu’un étranger visite le Maroc en All Inclusive, transport par avion inclus, et qu’il bénéficie d’un tarif beaucoup plus intéressant que les locaux, on se pose des questions.

Ne faut-il pas revoir nos cartes, où le tourisme réceptif, qui dépend fortement des Tours opérateurs, figure toujours comme LA priorité dans les stratégies touristiques du pays. Ne faut-il pas reconsidérer l’image qu’ont nos gouvernants du tourisme interne? La dernière campagne de promotion du tourisme interne de l’Office national marocain du tourisme (ONMT) est, certes, salutaire, mais est-elle suffisante, réaliste? Quelle est l’offre que nous avons concoctée et adaptée à ce touriste local qui est toujours appelé à la rescousse lorsque le secteur est en crise.

Cette approche, cette carte du tourisme interne qui ressort à chaque fois lorsque les arrivées des étrangers baissent comme peau de chagrin, doit absolument cesser. Communiquer, c’est bien, mais accompagner cette communication par des mesures concrètes, c’est encore mieux.

L’offre actuelle ne répond pas aux besoins des touristes nationaux. Les programmes et stratégies dédiés à ce segment n’ont jamais abouti, que ce soit pour Kounouz Biladi ou les stations Biladi. Pourquoi on tarde encore à mettre en place les chèques vacances ou la réorganisation du calendrier des vacances selon les régions? La réponse coule de source. Le tourisme n’a jamais été une priorité pour ces derniers gouvernements.

Toutes les stratégies, Plan Azur, Vision 2010, Vision 2020, ont été un véritable fiasco. Les mesures liées à la gouvernance, au pilotage et à la territorialité de l’offre n’ont jamais vu le jour.

La Haute autorité du tourisme et les Agences de développement touristique, censées remplacer les Centres régionaux du tourisme (CRT), ou encore les fameuses Assises du tourisme se font encore désirer. On n’entend plus parler des Contrats-programmes régionaux (CPR) qui devaient mobiliser plus de 150 milliards de dirhams d’investissements touristiques.

On peut bien dépenser des millions de dirhams en spots publicitaires vantant les atouts touristiques de notre pays et essayer de convaincre les Marocains de le visiter, mais face à une absence de mesures d’accompagnement, d’offres adaptées et de qualité, et face à un gouvernement déboussolé qui ne fait que gérer les affaires courantes, ça ne sera que cause perdue.