Les banques vont-elles céder à la pression de leurs actionnaires ?

À travers les résultats du premier trimestre 2020 et le reporting du mois d’avril, les banques ont pu mesurer les premiers impacts de la crise induite par la pandémie du Covid-19.

Bank Al Maghrib se soucie visiblement de l’état de santé financière des banques. Impactées par les effets économiques de la crise du Covid-19, les banques semblent perdre peu à peu de leur force. Baisse des crédits aux particuliers et aux entreprises, activité bancaire en recul, report des échéances de crédit, arrêt des grands chantiers économiques, tous ces éléments négatifs ont une conséquence directe sur la situation des banques.

Ainsi, à travers les résultats du premier trimestre 2020 et le reporting du mois d’avril, les banques ont pu mesurer les premiers impacts de la crise induite par la pandémie du Covid-19. Celle-ci ne manquera pas de fragiliser les fondamentaux des institutions de crédit. Pour apporter des solutions à cette situation, pour le moins inédite et incertaine, Bank Al Maghrib recommande aux banques marocaines de renoncer à la distribution des dividendes réalisés en 2019. Une recommandation qui va dans le sens d’un renforcement des fonds propres et des capacités financières des banques. Mais, pour le moment, ce n’est qu’une recommandation.

C’est-à-dire que les banques peuvent ne pas l’appliquer si elles ne reçoivent pas un accord de leurs actionnaires. Pour les banques à capitaux 100% marocains, on s’attend à un alignement sur la recommandation de Bank Al Maghrib. Poussé par une volonté de solidarité avec leurs banques, les actionnaires marocains pourraient ainsi renoncer à leurs dividendes pour soutenir financièrement leurs institutions bancaires. Des options sont alors envisagées. Parmi les plus fréquentes: les dividendes pourraient être transformés en actions. Une solution tout à fait envisageable aussi bien pour les actionnaires de poids que pour les petits porteurs.

Volonté de solidarité
Pour ces derniers, c’est une autre paire de manche. Pénalisés par un arrêt de l’activité boursière et par une situation économique en chute libre, les petits porteurs trouveront dans ces dividendes une porte de sortie inespérée pour leur crise financière. Renoncer à les percevoir ou même à les échanger contre des actions ne seraient certainement pas des solutions opportunes pendant la situation actuelle.

Quant aux actionnaires étrangers, notamment français pour les cas de plusieurs banques comme la BMCI, la Société Générale ou encore le Crédit du Maroc, ils sont tout à fait en droit d’exiger leurs dividendes. Mais tout porte à penser qu’ils renonceront au moins à une partie de ces dividendes pour soutenir leurs filiales marocaines pendant ces temps difficiles. Pour rappel, toutes les banques nationales ont réalisé des résultats financiers importants au titre de l’année 2019. Des résultats qui se chiffrent à plusieurs milliards de dirhams. De quoi éblouir les actionnaires qui n’attendent que le mois de juin 2020 pour empocher leurs pactoles. Mais la crise du Covid-19 risque de tout faire basculer.


1 commentaire

  • Farid

    30 Mai 2020

    Faire croire au individu les plus impacté au temps difficile que sa banque est à leur coté. Estimé que le report d'echeance dz trois est prise zn charge. Et du joir au lendemain la banque se permet de prelevé ces echeances soit disant reporter. Sans meme informe le client, encore pire les frais de retard de paiement + assurance prelever en dzux temps. Que peut on esperer d'un service malhonnete ! Qu'elle est la position de l'etat par rapport a ce genre de pratique ? Que peut on esperer comme recourt de la part dz ces structure pulpeuse dz sous des poches des pauvres !

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