CGAM Hssabe 970X250

Banque mondiale : le déficit budgétaire du Maroc reste «sous contrôle»

Le Maroc fait mieux que les pays de la région

La Banque mondiale reste optimiste pour le Maroc. La structure de sa dette, malgré son taux important par rapport au PIB, présente plusieurs qualités qui limiteraient les risques d’aggravation de déficit budgétaire. Si le Maroc met en oeuvre sa stratégie de relance économique et les réformes annoncées, «il marquera son entrée dans une nouvelle ère de croissance», selon l’institution de Bretton Woods.

Le Maroc fait mieux que les pays de la région. C’est en substance la portée de la dernière sortie médiatique de Jesko S. Hentschel, directeur du département Maghreb et Malte à la Banque mondiale.

«Par rapport à la plupart de ses pays voisins, le déficit budgétaire du Maroc en 2020 reste sous contrôle. La dette publique du Maroc reste gérable compte tenu de la crise économique liée au Covid-19», a-til déclaré. Si la dette du Maroc reste gérable, malgré son poids important par rapport au Produit intérieur brut (PIB) du pays (76% prévu cette année), c’est que sa structure présente certaines qualités non négligeables, ce qui limite considérablement les risques.

En effet, le poids de la dette à court terme est faible, ainsi que celui de la part de la dette extérieure et en devises. Ces attributs permettraient au Maroc d’entamer confortablement son plan de relance économique post-Covid, sans trop de risques et de contraintes budgétaires majeurs. «Le Maroc a mis en place un ambitieux plan de relance post coronavirus à la fois en mobilisant des capitaux substantiels pour relancer l’économie et en lançant des réformes structurelles pour améliorer la résilience sociale et économique», a souligné le responsable à l’institution de Bretton Woods.

Ces mesures devraient aider le Maroc à accroître son efficacité budgétaire, à élargir l’assiette fiscale et à rendre le système fiscal plus compétitif et équitable. «La mise en oeuvre de ces réformes marquera l’entrée du Maroc dans une nouvelle ère de croissance, accélérant la convergence du pays vers le niveau de développement des économies plus avancées», estime Hentschel.

Des réformes urgentes
Toutefois, il faudrait que le Maroc atteigne son objectif de réduction régulière de son déficit budgétaire dans les années à venir afin de préserver ce degré de soutenabilité. Ceci sans oublier la mise en oeuvre des réformes essentielles du système fiscal marocain, des réformes qui rappelons-le sont au point mort. Les Assises de la fiscalité tenues les 3 et 4 mai 2019 à Skhirat avaient abouti sur une série de réformes à mener urgemment, des engagements du gouvernement ont été tenus suivant un calendrier bien précis.

Près de deux après, presque rien n’a été fait dans ce sens. La crise du Covid-19 présenterait en effet une opportunité pour le Maroc pour repartir sur de bonnes bases plus résilientes.

Dans son rapport semestriel de suivi de la situation économique du Maroc, publié il y a un mois, la Banque mondiale avait tablé sur une récession beaucoup moins forte au Maroc que dans pratiquement tous les pays du voisinage, grâce particulièrement à la prudence des autorités monétaires et l’ambitieuse stratégie de relance économique.