La Banque mondiale alerte sur l'aggravation de la crise sociale en Algérie

PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES

En raison de la forte hausse de l’inflation alimentaire, le pouvoir d’achat du segment le plus vulnérable de la population a été disproportionnellement affecté en 2021, avertit la Banque mondiale dans son dernier rapport de suivi de la situation économique en Algérie.

C’est un tableau noir que les experts de la Banque mondiale ont dressé pour les perspectives économiques de l’Algérie. Dans son rapport de suivi de la situation économique, intitulé «Redresser l’économie algérienne après la pandémie», l’institution de Bretton Woods met en garde le régime algérien quant aux vulnérabilités criantes de son économie et le déclin considérable des conditions de vie de sa population.

Au lieu d’entamer des réformes profondes, une diversification de son économie et une amélioration des conditions de vie de sa population, le voisin de l’Est a encore une fois tenté, dans une démarche délirante, de jeter la responsabilité sur le Maroc, traditionnel bouc émissaire des généraux algériens. Quelques médias algériens ont même accusé le Maroc de commanditer le rapport accablant de la Banque mondiale.

En somme, le fameux rapport n’apporte rien de nouveau, et ne fait que rappeler avec insistance les nombreux maux structurels de l’Algérie. Une économie qui part en vrille, une dette publique qui explose, une inflation qui atteint des records, sans oublier la pénurie des denrées alimentaires de base et le pouvoir d’achat des ménages algériens qui fond comme neige au soleil.

Dette publique
«En l’absence d’une mise en oeuvre rapide de l’agenda de réforme, la reprise sera fragile et les soldes budgétaire et extérieur se détérioreront à moyen terme», avertit la Banque mondiale, qui ajoute que la dette publique et l’inflation ont atteint des sommets. Le verdit des experts de l’institution financière est sans appel: «l’inflation croissante a détérioré les conditions de vie».

Dans le détail, en octobre 2021, l’indice des prix à la consommation avait augmenté de 9,2% en glissement annuel, un sommet depuis 2012, regrette la Banque mondiale. «Une sécheresse précoce qui a freiné la production agricole et les efforts de rationalisation de subventions alimentaires et des importations ont contribué à une augmentation rapide des prix des produits alimentaires frais et industriels de 16,5% et 12,3% en glissement annuel, respectivement », indique le rapport.

Dans le même temps, les prix des produits importés et des biens manufacturés ont continué de grimper à un rythme élevé et accéléré, alimentés par une dépréciation soutenue du taux de change. En raison de la forte hausse de l’inflation alimentaire, «le pouvoir d’achat du segment le plus vulnérable de la population a été disproportionnellement affecté en 2021», compte tenu du poids majeur des produits alimentaires dans son panier de consommation, s’alarme la Banque mondiale.

La Covid-19 a ainsi mis à nu les faiblesses de l’économie algérienne et les choix politiques hasardeux de ses dirigeants, altérant de manière inquiétante le développement humain dans le pays. «Les populations pauvres et vulnérables sont un groupe important pour lequel il faut penser des politiques de soutien spécifiques, ciblant les dimensions de privation. Si ces populations sont protégées par une nutrition et une scolarisation adéquates, le capital humain et la productivité de l’Algérie pourraient grandement en bénéficier à l’avenir». A bon entendeur !.