Prévisions de Bank Al-Maghrib: Belles perspectives pour l’économie marocaine

Le Maroc devrait réaliser une croissance de 5,3% en 2021, notamment grâce au développement des activités agricoles, d’après les prévisions de Bank Al-Maghrib.

Après avoir subi les contrecoups de la crise sanitaire, l’économie marocaine devrait reprendre des couleurs cette année. C’est la prévision optimiste dévoilée par Bank Al-Maghrib (BAM), à l’issue de son deuxième conseil semestriel, qui s’est déroulé le 22 juin. D’après la banque centrale, le Maroc devrait enregistrer une croissance de 5,3% en 2021, loin de la baisse drastique de 7% lors de l’année écoulée.

Une embellie qui sera favorisée par une hausse de 3,6% de la valeur ajoutée des activités non agricoles et une augmentation de 17,6% de celles agricoles, particulièrement la hausse la production céréalière, qui a atteint 98 millions de quintaux.

Cette croissance s’établira à 3,3% en 2022. Ces prévisions de BAM sont légèrement en hausse par rapport à celles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, qui tablaient sur des croissances respectives du PIB de 4,6% et 4,5% en 2021, et 3,9% en 2022. Les clignotants sont également au vert dans le marché du travail, où les pertes nettes annuelles d’emploi ont connu une forte diminution en passant de 451.000 au premier trimestre 2020 à 202.000 au cours des premiers mois de l’année en cours. Seul bémol, précise la banque, le taux de chômage, qui a atteint 12,5% au niveau national, et 17,1% en milieu urbain, notamment à cause de la baisse du taux d’activité, qui a reculé de 45,5% entre 2020 et 2021.

Les exportateurs marocains pourront eux aussi pousser un grand ouf de soulagement puisque les volumes exportés connaîtront une hausse de 14,6% durant toute l’année, et 5,6% en 2022. Une bouffée d’oxygène pour ces entreprises, dont les activités ont été freinées par le Covid-19. Les importations reprendront aussi la courbe ascendante, avec une augmentation de 16,6% en 2021, selon Bank Al-Maghrib, une progression due essentiellement à l’alourdissement de la facture énergétique et une hausse des achats de biens de consommation, avant de ralentir à 3% en 2022.

Les perspectives du tourisme n’ont pas été omises dans ces projections. On y apprend que l’ouverture des frontières devrait entraîner une reprise graduelle des recettes de voyages, qui devraient passer de 36,5 milliards de dirhams en 2020 à 44,4 milliards cette année, puis à 63,4 milliards l’année prochaine. Quant aux recettes des investissements directs étrangers (IDE), elles représenteraient environ 3% du PIB en 2021 et 2022.

Diminution des pertes d’emploi
Les transferts des Marocains résidant à l’étranger (MRE), qui résistent de fort belle manière à la crise sanitaire, poursuivront leur hausse et atteindraient 73,3 milliards de dirhams cette année et 75,4 milliards dirhams en 2022. Pour ce qui est des avoirs officiels de réserves de BAM, ils avoisineraient 328,5 milliards de dirhams à fin 2021, et 338,6 milliards en 2022, soit l’équivalent de plus de 7 mois d’importations de biens et services.

L’autre révélation, et pas des moindres, c’est la hausse de l’inflation, qui est passée de 0,7% en 2020 à 1,7% en moyenne durant les mois d’avril et mai 2021. D’après BAM, elle devrait poursuivre son trend haussier, avec des prévisions respectives de 1% durant toute l’année et 1,2% en 2022, sous l’effet de la hausse des cours internationaux du pétrole et de certains produits alimentaires, ainsi que de l’amélioration de la demande intérieure.

Par ailleurs, Bank Al-Maghrib a remarqué un déficit budgétaire de 25,1 milliards de dirhams durant les cinq premiers mois de l’année, soit une légère baisse par rapport à 2020. Un déficit qui devrait diminuer progressivement en passant de 7,6% du PIB à 7,1% en 2021 et à 6,6% en 2022. De quoi faire souffler un peu les finances publiques.