Bank Al Maghreb constate une hausse des taux d'intérêts bancaires

Les PME asphyxiées

Alors que les banques sont plus que jamais appelées à baisser leurs taux d’intérêts pour promouvoir l’investissement, la tendance est plutôt à la hausse. C’est ce que constate la banque centrale au terme d’une enquête menée auprès des banques pendant le troisième trimestre 2021.

C’était attendu. Les taux d’intérêt débiteurs ont augmenté pour le troisième trimestre de l’année 2021. Ils font en effet ressortir un taux moyen de 4,35%, au lieu de 4,32% pendant le trimestre précédent. C’est une enquête de Bank Al Maghreb qui a conclu à cette hausse dans un contexte économique qui commence certes à connaître une reprise, mais qui demeure tout de même toujours marqué par les effets de la pandémie. L’enquête de la banque centrale décortique cette hausse.

Ainsi, par objet économique, les taux se sont établis à 4% pour les facilités de trésorerie, à 4,79% pour les crédits à l’équipement, à 4,72% pour les prêts immobiliers et à 6,51% pour les prêts à la consommation. Par secteur institutionnel, le taux appliqué aux crédits aux particuliers s’est situé à 5,20% et celui des prêts aux entreprises non financières à 4,17%. S’agissant des crédits aux entreprises non financières privées, le taux s’est établi à 4,20%, avec 3,83% pour les grandes entreprises et 4,98% pour les très petites, petites et moyennes entreprises.

Économie à bout de souffle
Force est de constater que les grosses boîtes sont clairement privilégiées avec des taux d’intérêts bas alors que les PME, qui constituent pourtant plus de 95% du tissu économique national, subissent des taux d’intérêt élevés. Une situation anormale décriée par les investisseurs, qui appellent les banques à faire preuve de justice bancaire pour inciter les entreprises à l’investissement. C’est dans ce cadre que s’inscrit justement l’initiative royale en 2019 à travers laquelle S.M. le Roi Mohammed VI avait appelé d’une façon solennelle les banques à proposer des taux d’intérêts bas au profit des porteurs de projets.

Cette initiative, baptisée «Intelaka», avait poussé les entrepreneurs à reprendre espoir quant à leurs relations avec les banques. Mais l’arrivée de la crise du Covid-19 avait, en quelque sorte, freiné cet élan qui devait permettre un véritable redécollage économique et une reprise des projets d’investissement. S’il est vrai que certaines banques ont repris leurs campagnes en direction des porteurs de projets dans le cadre du programme royal, il n’en demeure pas moins que ce n’est pas encore l’engouement pour les autres banques.

Certains parlent d’une volonté affichée par les banques de retrouver un certain équilibre financier après la terrible crise financière provoquée par la pandémie. D’autres n’hésitent pas à pointer du doigt la voracité des banques qui ont réalisé des bénéfices incroyables pendant les années avant le Covid, se chiffrant à plusieurs milliards de dirhams pour certaines d’entre elles. Ce qui fait que la hausse récente des taux d’intérêt renforce cet aspect de gagner de l’argent au détriment d’une économie à bout de souffle à cause d’une crise pandémique foudroyante.