Baisse des importations de blé du Maroc en 2021

Beau satisfecit pour la production locale

Le Maroc importera moins de blé cette année grâce à une production record enregistrée lors de la dernière campagne céréalière, d’après le département américain de l’Agriculture (USDA).

Bonne nouvelle pour les finances publiques. Le Maroc importera moins de blé dur et tendre lors de cette présente campagne agricole, qui prendra fin en juin 2021. Ce qui signifie donc moins de dépenses sur le marché international pour acheter cette céréale tant prisée. Le Royaume ne devrait y commander que 4,5 millions de tonnes, contre 5,2 millions de tonnes lors de la saison 2020- 2021 et 4,8 millions de tonnes en 2019-2020.

C’est ce que prédit le département américain de l’Agriculture (USDA) dans un récent rapport. «Les importations de blé marocaines devraient revenir à des niveaux normaux au cours de la campagne de commercialisation 2020-2021», indique-t-il, non sans préciser que «cette performance est principalement due à des précipitations abondantes pendant la saison de croissance de céréales».

Ces fortes pluies ont bien arrosé les principales zones de culture, en l’occurrence la Chaouia, Abda, le Haouz et le Saiss, qui ont enregistré des rendements supérieurs à 44%, comparé au rendement moyen durant les dix dernières années. Résultat: une production record de 103 millions de quintaux, soit une hausse de 221% par rapport à la précédente campagne.

Approvisionnement du marché
Des quantités largement en hausse comparées aux récoltes de ces cinq dernières années selon le gouvernement, mais qui ne pourront pas couvrir la forte consommation locale de cette denrée. Le Maroc est, rappelons- le, le 3e consommateur de blé en Afrique avec environ 10 millions de tonnes par an, derrière l’Egypte (21,1 millions de tonnes en 2021) premier importateur mondial depuis quinze ans, et l’Algérie.

Pour satisfaire cette demande, il devrait s’approvisionner auprès de fournisseurs en France, Ukraine et Russie pour le blé tendre, et principalement sur le marché canadien pour le blé dur, selon l’USDA.

Le département américain indique d’ailleurs que l’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses (ONICL), qui gère l’approvisionnement du marché en céréales, a lancé, le 7 septembre dernier, un nouvel appel d’offres pour l’achat de 363.636 tonnes de blé tendre en provenance des Etats-Unis, dont les résultats seront dévoilés le 21 septembre prochain. Pour rappel, ce dernier avait lancé un premier appel d’offres pour la même quantité en blé dur le 4 août 2021, qui n’avait eu un retour satisfaisant.

Cette annonce optimiste survient dans un contexte marqué par une forte inflation des prix du blé sur le marché mondial à cause des mauvaises récoltes suite à une vague de sécheresse dans les principaux pays producteurs, comme le Canada, premier producteur et exportateur mondial de blé dur. Le voisin américain a enregistré une baisse de 30% de sa récolte cette année à cause de ce dôme de chaleur, loin des 6,6 millions de tonnes en 2020. Pis, ses exportations, qui avaient atteint 6 millions de tonnes l’année écoulée devraient aussi fléchir.

Des prévisions négatives pour ce pays qui représente les deux tiers du commerce mondial de blé dur. Idem pour la France, où la production a chuté d’environ 30%. Cette conjoncture exceptionnelle a fait flamber les cours du blé tendre qui ont augmenté de 14,9% entre le 1er juin et le 26 août 2021 pour s’établir à 251 euros la tonne, avant d’atteindre 430 euros la tonne, le 3 septembre 2021.

Autant dire que cette baisse des importations arrive à point nommé et permettra au Maroc de diminuer le coût des achats de cet or brun qui s’était élevé à 13,5 milliards de dirhams en 2020.

C’est aussi un constat rassurant pour les ministères de l’Agriculture et des Finances qui ont décidé, depuis mi-mai 2021, d’augmenter les droits de douane sur les importations de blé tendre et dur qui ont atteint respectivement 130% et 170%. Objectif: encourager la commercialisation de la production nationale sur le marché marocain.