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Le système bachelor annoncé pour la rentrée universitaire 2021-2022

Quand un diplôme en remplace un autre

Avec le Bachelor, le gouvernement espère donner un second souffle à un système qui souffre de difficultés chroniques

Dans un exposé devant la Commission de l’enseignement, de la culture et de la communication à la Chambre des représentants, le ministre de l’Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Saaid Amzazi, a dévoilé le calendrier de déploiement du système Bachelor dans les universités marocaines.

Annoncé initialement pour l’année universitaire en cours, le système a été reporté à la prochaine rentrée. Il sera déployé selon une approche «expérimentale progressive». Son adoption sera accompagnée de la révision du décret relatif aux missions des établissements universitaires. Selon la présentation du ministre, le cahier des normes pédagogiques sera soumis début février 2021 à la Commission nationale de coordination de l’enseignement supérieur.

Les demandes d’évaluation seront, elles, soumises à l’expertise de l’Agence nationale d’évaluation et d’assurance qualité de l’enseignement supérieur à partir de mai 2021. Par ailleurs, un portail électronique sera créé pour recevoir les demandes d’homologation des propositions de filières par les universités. Le démarrage des filières homologuées est annoncé pour la rentrée universitaire 2021- 2022.

Pour rappel, le Bachelor, qui remplacera la licence de 3 ans, compte 240 crédits: 30 crédits par semestre, 60 par année pour 48 modules sur tout le cycle. Il porte sur des modules disciplinaires d’initiation et d'ouverture, ainsi que des modules de langues et «soft skills».

Circulation des compétences
Ainsi, avec le Bachelor, le gouvernement espère donner un second souffle à un système qui souffre de difficultés chroniques. La surcharge des effectifs étudiants, les défaillances du corps enseignant, l’inadéquation entre les deux systèmes scolaire et universitaire, le chômage des diplômés à la sortie, entre autres, sont parfois imputés à l’architecture «Licence Master Doctorat » (LMD) qui a été promue dans le passé comme une bonne solution aux maux de l’enseignement supérieur.

Elle était en effet supposée faciliter la professionnalisation des formations, l’ouverture et l’internationalisation, l’homogénéisation et la circulation des compétences, et la simplification des cursus.

Adopté avec enthousiasme en 2004, le système LMD a montré très vite des signes de faiblesse. L’enseignement théorique qui lui est attaché restreint l’accès des étudiants au monde du travail. Même diplômés, de nombreux jeunes se retrouvent en effet au chômage faute d’expérience professionnelle. Selon le ministère, ils seraient 25%.

Une situation qui inquiète les apprenants et qui pousse même 47,2% d’entre eux à quitter l’université avant la fin de leur cursus. Une problématique prise en compte par le système bachelor qui proposera des parcours plus professionnels en intégrant des enseignements sur le numérique et le codage.